Le 11 mars 2026, à 15 heures, la colline du Château de Nice s’est parée d’un silence respectueux pour accueillir la cérémonie nationale d’hommage aux victimes du terrorisme. Cette année, la commémoration prend une dimension particulière, marquant les dix ans des attentat du 14 juillet 2016 et de la Basilique Notre-Dame un drame qui a profondément marqué la ville et ses habitants. Entre recueillement, discours et interventions d’enfants, Nice a rendu un hommage émouvant et solennel, mêlant mémoire et transmission aux générations futures.
Depuis le 11 mars 2019, la France consacre cette date à la Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme, en écho à la journée européenne initiée par l’Union européenne. Elle fait référence aux attentats de Madrid du 11 mars 2004, qui ont frappé les trains de banlieue près de la gare d’Atocha, faisant près de 200 morts et 1 900 blessés. À Nice, cette journée résonne avec une intensité particulière, la ville ayant été frappée par l’attentat du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais, ainsi que par l’attaque de 2020 à la Basilique Notre-Dame de l’Assomption.
Une cérémonie de recueillement et de mémoire
Le cérémonial a commencé par le hissage du drapeau pour les couleurs, suivi de La Marseillaise, dans un silence chargé d’émotion. Plusieurs discours officiels ont rappelé le devoir de mémoire et l’importance de rester vigilants face au terrorisme. Les enfants niçois, participants aux ateliers pédagogiques de l’association Mémorial des Anges, ont lu tour à tour leurs textes et réflexions sur le monde qu’ils souhaitent construire, offrant un moment profondément émouvant. Le protocole s’est poursuivi avec le dépôt de gerbes, la revue des troupes, puis le dépôt des roses blanches, d’abord par les familles des victimes, ensuite par leurs amis, et enfin par l’ensemble des participants, dans un geste collectif de respect et de recueillement.
Parmi les familles présentes, Anne Murris, présidente et fondatrice de l’association, qui a perdu sa fille Camille, 27 ans, lors de l’attentat du 14 juillet 2016, a rappelé l’importance de ces moments : « Être ici, c’est lutter contre l’oubli, c’est maintenir la mémoire, c’est faire passer des messages aux jeunes générations. »
Elle a également souligné la première intervention de l’association dans les écoles primaires, destinée à sensibiliser les enfants à la mémoire des victimes et aux valeurs citoyennes, et évoqué le rôle du Mémorial Musée, créé il y a près de dix ans, comme outil de prévention et d’éducation.
Le maire de Nice a rendu hommage aux victimes et aux enfants, rappelant l’émotion que suscite chaque hommage et présentant le monument érigé en mémoire d’Hervé Gourdel, symbole de toutes les victimes du terrorisme. Chaque victime, a-t-il insisté, mérite d’être honorée individuellement, à l’image des hommages rendus à Anne et Corinne Duchaufour.
Dix ans après le 14 juillet 2016
En cette année 2026, dix ans se sont écoulés depuis le drame du 14 juillet, un souvenir encore profondément ancré dans l’histoire et le cœur des Niçois. Pour marquer cet anniversaire, la ville de Nice et plusieurs associations locales ont prévu un programme commémoratif comprenant une marche du souvenir, un spectacle de drones, et une cérémonie à la Villa Masséna, où se trouve le mémorial dédié aux victimes du terrorisme.
Une décennie après la tragédie, la mémoire de cette nuit reste vive, illustrant la nécessité de commémorer, transmettre et sensibiliser, afin que les jeunes générations deviennent des témoins messagers, porteurs de respect, de tolérance et de citoyenneté, à l’image de l’esprit niçois qui perdure dans cette ville meurtrie mais résiliente.

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