Municipales : le Front populaire de Nice détaille son projet démocratique

En pleine campagne pour les municipales, les représentants du Front populaire de Nice avancent une série de propositions visant à instaurer une démocratie plus active, inclusive et réellement participative, à l’échelle de la ville comme de la métropole.

Pour Mireille Damiano, le constat est clair : de nombreux sujets structurants pour la ville, comme les transports ou le surtourisme, sont abordés sans que les habitants aient réellement leur mot a dire. Elle souligne que les citoyens se plaignent massivement de ne pas être entendus, une situation qu’elle qualifie de « chose grave ». Selon elle, cette distance croissante entre institutions et habitants alimente une « désaffection totale » vis-à-vis de la vie démocratique locale. La cause principale de cette crise résiderait dans un système qu’elle décrit comme marqué par une « opacité absolue » et par de la « publicité mensongère ». Pour Mireille Damiano, il ne s’agit en aucun cas d’une démocratie active, mais d’un fonctionnement verrouillé, éloigné des réalités vécues par les Niçois. « Pour changer les choses, il faut écouter les Niçois », martèle-t-elle.

Parmi les dispositifs emblématiques de cette perte de proximité, Mireille Damiano pointe l’évolution des conseils de quartier. Ces derniers ont, selon elle, « pratiquement disparu » pour être remplacés par des « conseils de territoire ». Alors que la ville comptait auparavant neuf conseils de quartier, ils ne sont désormais plus que six, mis en place par le conseil municipal de Nice. Cette nouvelle organisation est jugée profondément déconnectée du quotidien des habitants. Nice compte aujourd’hui 88 quartiers répartis sur six territoires, une configuration que Mireille Damiano qualifie d’« éloignement absolu » pour la plupart des résidents. Elle dénonce également la faible activité de ces instances, qui « se réunissent à une fréquence ridicule ».

Le budget alloué à ces conseils, fixé à 1,5 million d’euros, est lui aussi jugé insuffisant, voire symbolique. « Ce fonctionnement est descendant et n’a rien de démocratique », affirme-t-elle. Elle rappelle par ailleurs que depuis 2008, un conseil consultatif communal existe avec une supposée « présidence permanente », mais qu’aucun rapport issu de ce conseil n’a jamais été rendu public. Enfin, elle évoque les comités de quartier, issus d’initiatives plus anciennes, aujourd’hui principalement composés de fédérations sous forme associative, et qui ne permettent plus, selon elle, une expression directe des habitants.

Une « communauté de destin » 

Christine Poupon défend, quant à elle, une vision politique fondée sur la notion de « communauté de destin ». Elle appelle à construire une ville de Nice ouverte au monde, refusant les discriminations identitaires et la stigmatisation de certaines populations.

Pour faire vivre cette communauté de destin, plusieurs pistes sont avancées. Parmi elles, la mise en place d’une citoyenneté de résidence, mais aussi une lutte renforcée contre le racisme et les discriminations, y compris au sein du conseil municipal. Elle insiste également sur la nécessité de former les élus et les agents municipaux à ces enjeux.

Elle plaide pour une ville accueillante, dotée de dispositifs urbains adaptés aux personnes en situation de handicap. La création d’hébergements pour les sans-abri et les personnes exilées fait également partie des priorités évoquées.

Prospectus du Front Populaire de Nice.

Tirage au sort et assemblées citoyennes

Pour renouveler en profondeur les pratiques démocratiques, Mireille Damiano propose de « trouver une nouvelle méthode », fondée sur le tirage au sort. Elle suggère un tirage au sort à partir des listes électorales afin de constituer des assemblées citoyennes de quartier.

Ces assemblées seraient composées de manière paritaire, intégrant des hommes et des femmes, des jeunes à partir de 16 ans, « peu importe leurs origines », et fonctionneraient de façon collégiale. Elle évoque également la tenue d’assises de la ville, destinées à évaluer les politiques publiques, ainsi que la création d’un observatoire de la citoyenneté, un service géré par la régie municipale. Une plus grande implication du conseil municipal des jeunes est également souhaitée.

Budget participatif et pouvoir citoyen

Le Front Populaire défend également la mise en place d’un véritable budget participatif, doté de moyens concrets et fondé sur une réelle volonté d’agir. Selon eux, ce dispositif doit être à la fois un processus et un outil de transformation démocratique. « Actuellement, il n’y a pas de pouvoir citoyen », estiment-t-ils, appelant à donner un rôle actif aux habitants.

Inspiré d’expériences menées notamment en Amérique du Sud, ce budget participatif reposerait sur un dialogue permanent entre le conseil municipal et les acteurs locaux. Le Front Populaire propose également d’y intégrer des garanties démocratiques afin d’assurer la transparence et l’efficacité du dispositif.

Associations, égalité et métropole au cœur des enjeux

Christine Poupon rappelle enfin que « les associations aident à construire une parole collective » et qu’elles doivent être davantage intégrées aux processus décisionnels. Elle évoque le rôle des subventions, notamment via le CER, et la création de maisons citoyennes intergénérationnelles, destinées à informer les populations les plus démunies, favoriser l’accès à la culture et encourager les rencontres.

Pierre Paul Danna élargit le débat à l’échelle métropolitaine. Pour lui, « la métropole est une instance décisive », mais reste insuffisamment abordée politiquement. Il appelle à « faire de la métropole un sujet politique », en réfléchissant à la séparation des fonctions exécutives, à la clarification des relations avec les communes et à la participation effective des citoyens aux décisions métropolitaines.

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