Municipales à Nice : l’union de la gauche et des écologistes dévoile une liste plurielle et offensive

Réunis mardi 10 février au local de campagne, les membres de la liste Unis pour Nice, conduite par Juliette Chesnel-Le Roux, ont présenté leurs candidates, candidats et les grandes lignes de leur programme. Une conférence de presse marquée par la volonté d’incarner une alternative à la droite locale, autour d’une union politique, citoyenne et programmatique.

Dès le début, Juliette Chesnel-Le Roux fixe le ton. Avec une touche d’humour, la candidate en tête de liste déclare : « Je m’engage à commencer ponctuellement, contrairement à Christian Estrosi qui débute toujours avec un retard d’une demi-heure. » Une touche d’humour qui introduit un conférence dense, collective et fermement politique. Jusqu’à présent, trois leaders ont été mis en avant. Pour cette occasion, la candidate a voulu étendre le contexte. « Je souhaitais aujourd’hui aborder le sujet d’autres candidats qui illustrent la diversité de notre liste. Parce que nous représentons la fusion de la gauche et des écologistes. » Sans dévoiler la liste complète des 69 candidats, Juliette Chesnel-Le Roux souligne la diversité de l’équipe : partis politiques (PS, PCF, Écologistes, L’Après), syndicalistes, professionnels du terrain et militants associatifs. « La société civile, c’est nous tous, par notre militantisme. » Fonctionnaires, enseignants, soignants, entrepreneurs, infirmiers, océanographe ou avocat : Unis pour Nice revendique une diversité de parcours et de compétences, pensée comme un atout pour gouverner. Julien Picot, un fonctionnaire territorial et activiste des zones populaires, est le premier à intervenir en présentant les suggestions concernant la mobilité. « Dès notre prise de fonction, nous instaurerons la gratuité des transports afin de garantir un accès à tous les habitants de Nice. » Visées déclarées : augmentation du pouvoir d’achat et amélioration de la qualité de l’air. Le postulant critique l’absence d’action de la majorité en place sur divers territoires. « À l’opposé de la droite de Christian Estrosi, qui a promis un tramway à l’Ariane depuis plus de 25 ans, nous souhaitons son instauration sans délai. Les résidents de l’Ariane ne sont pas des citoyens de seconde classe. »

la liste Unis pour Nice apparaît rassemblée, soudée et volontaire, dans un cadre sobre et militant.
Photo : Maïlys Le Deunff

Sécurité, éthique et politiques publiques : une autre vision de la ville

En ce qui concerne la sécurité, Patrick, l’ancien vice-président de la Région, plaide pour une stratégie axée sur la prévention et l’intervention humaine : « Nous souhaitons voir plus de policiers dans les rues et engager 50 médiateurs supplémentaires dans les quartiers. » Une perspective enrichie par celle de Jean-Christophe Picard, l’actuel conseiller municipal, qui situe l’éthique et la confiance démocratique au centre du projet municipal. En réaction aux investigations ciblant l’entourage du maire en place, il met en garde : « Il ne faut pas se familiariser avec cette situation. » Le groupe Unis pour Nice se targue d’un code éthique « très ambitieux », basé sur « l’exemplarité des élus et la participation des citoyens », rejetant toute forme de personnalisation excessive du pouvoir. Autre axe fort du programme, les politiques sociales et environnementales structurent largement les propositions portées par la liste. Marie-Christine Pastorelli expose un projet de combat contre les violences à l’égard des femmes, reposant sur trois axes principaux : prévention, protection et soutien, incluant spécifiquement l’établissement d’un centre dédié aux femmes. Concernant l’environnement, Pauline Nales souligne la situation sanitaire pressante : « À Nice, la pollution atmosphérique cause 500 décès anticipés annuellement », et envisage la protection de la plaine du Var ainsi qu’une écologie « qui influence toutes les politiques de la ville ». Gilles Verrier a décrit la condition du logement comme étant « catastrophique » et il fait également partie des priorités. En plus de contrôler les loyers, limiter les locations de type Airbnb et promouvoir le logement public, il critique une politique municipale qui « a favorisé les spéculateurs et le tourisme au détriment des résidents niçois ». Enfin, Philippe Agron défend une école plus inclusive et solidaire, où « l’enfant est le citoyen de demain », portée par la rénovation des bâtiments, une tarification plus juste et un renforcement des moyens humains.

À travers ces suggestions, Unis pour Nice élabore les lignes directrices d’un projet municipal global qui allie justice sociale, transition écologique et consolidation des services publics. Cette liste vise à briser la gestion jugée décentralisée et inéquitable de la ville en revendiquant une approche globale pour combattre les violences envers les femmes, englobant l’éducation, le logement et l’environnement. Ainsi, cette coalition de la gauche et des écologistes déclare sa détermination à représenter une alternative politique organisée, collective et pérenne pour Nice.

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