Municipales 2026 : Christian Estrosi appelle au rassemblement républicain

Ce matin, Christian Estrosi appelle à un large rassemblement républicain et à la mobilisation des abstentionnistes pour contrer la liste d’Éric Ciotti, arrivée en tête au premier tour. Il tend la main à Juliette Chesnel‑Le Roux et met en garde contre un basculement de Nice vers l’extrême droite.

Au lendemain d’un premier tour marqué par une participation en berne et un rapport de force inédit, Christian Estrosi a pris la parole pour appeler à un large rassemblement républicain. Arrivé en deuxième position avec 37 214 voix, soit 30,92 % des suffrages exprimés, le maire sortant affrontera au second tour la liste d’Éric Ciotti, arrivée largement en tête (52 274 voix, 43,43 %). Derrière eux, Juliette Chesnel‑Le Roux (14 356 voix, 11,93 %) et Mireille Damiano (10 767 voix, 8,95 %) complètent le tableau forme l’essentielle des voix de la gauche avec un total de près de 21%.

« Je ne change pas de cap » : Christian Estrosi revendique sa constance face à l’extrême droite

Dès les premières minutes de son intervention ce matin sur l’avenue Jean-Médecin devant le centre commercial NICETOILE, Christian Estrosi a tenu à rappeler sa ligne politique, qu’il présente comme immuable depuis plusieurs scrutins. Le maire a cite ses positions lors des municipales de 2008 et 2014, puis lors des régionales de 2015 face à Marion Maréchal‑Le Pen. « Là où moi je n’ai jamais fait défaut face à l’extrême droite, je ne change pas de cap », affirme‑t‑il, revendiquant une continuité jusque dans son mandat 2020‑2026, qu’il décrit comme « extrêmement ouvert. »

Il affirme notamment que 95 % des délibérations municipales ont été votées par Juliette Chesnel‑Le Roux, aujourd’hui troisième du premier tour.

Le maire sortant insiste sur l’écart qui le sépare d’Éric Ciotti : 15 000 voix. Un chiffre qu’il juge rattrapable à condition de mobiliser les électeurs qui ne se sont pas déplacés ce dimanche. « J’appelle clairement les abstentionnistes, extrêmement nombreux, à se mobiliser », déclare‑t‑il, avant d’en appeler explicitement au « front républicain. » Pour rappel, 122 750 électeurs sur les 229 111 inscrits à Nice se sont déplacés aux urnes hier laissant plus 106 000 voix à conquérir.

Par la suite, le candidat à sa réélection pour un 4e mandat cite en exemple son attitude lors des dernières élections législatives, lorsqu’il avait demandé à son adjoint Philippe Pradal de se retirer pour faire barrage au Rassemblement national dans la 3ᵉ circonscription.

Main tendue à Juliette Chesnel‑Le Roux : « je suis ouvert à discuter de tous ces points »

Christian Estrosi confirme avoir rencontré Juliette Chesnel‑Le Roux dans la matinée et l’avoir invitée à un échange approfondi. Il souligne les convergences qu’il identifie entre leurs programmes : démocratie locale, référendum annuel, politique du logement, politiques sociales.

Il se dit prêt à envisager des accords programmatiques et même institutionnels : « je proposais par exemple la présidence de la commission des finances à un membre de l’opposition », rappelle‑t‑il comme évoqué lors de sa campagne. Christian Estrosi évoque également son engagement pour 10 000 logements sur le prochain mandat. Selon lui, « il n’y a pas de raison que nous ne trouvions pas des accords » permettant à la gauche républicaine de jouer un rôle dans la future gouvernance.

Le maire sortant dramatise l’enjeu du second tour, estimant que « le plus gros des dangers pèse sur notre ville. » Il accuse le Rassemblement national de vouloir faire de Nice « un laboratoire » et interpelle directement les électeurs : « est‑ce que les Niçoises et les Niçois ont envie d’être des souris de laboratoire ? Je ne le pense pas. »

Municipales 2026 : Christian Estrosi appelle au rassemblement républicain

L’édile appelle à un grand rassemblement jeudi soir sur la place Masséna, présenté comme un moment décisif avant le second tour.

Une triangulaire encore possible

À ce stade, aucune la liste de Juliette Chesnel-Le Roux est toujours en course et souhaite poursuivre la campagne : « sans ambiguïté, nous nous maintiendrons pour offrir aux Niçois une alternative digne », avait-elle confié hier soir à l’issue du premier tour. Le maire sortant dit « ne pas imaginer » que la tête de liste Unis pour Nice puisse maintenir sa candidature, estimant qu’elle porterait alors « la responsabilité » d’un éventuel basculement de Nice vers l’extrême droite. Les discussions se poursuivent, tandis que la perspective d’une triangulaire reste plus que jamais d’actualité.

Propos recueillis par Théo Guitonny

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