À quelques semaines des élections municipales de mars 2026, l’avenir de la caserne Auvare, dans le quartier Saint-Roch à Nice, s’invite dans la campagne. Les candidats avancent des projets très différents pour ce site historique, entre sport, logements, culture et transition écologique.
Pour Hélène Granouillac, tête de liste Vivre Nice, la caserne Auvare pourrait devenir un village de l’artisanat et de la transition écologique. Le projet vise la formation, la transmission des savoir-faire, l’intégration de l’écologie dans les métiers et le soutien à l’économie locale. Aucun logement ni budget n’ont été précisés à ce stade.
La liste Unis pour Nice ( union de la gauche PS, PCF, Verts ) propose une plaine multifonctionnelle de 29 000 m², comprenant une plaine sportive de 15 000 m² (gymnase, mur d’escalade, terrains de football et de basket) ainsi qu’un théâtre de 1 200 places. Le projet inclut environ 100 logements étudiants, intergénérationnels et sociaux. Le budget est estimé entre 14 et 16 millions d’euros pour le sport et entre 40 et 60 millions d’euros pour le théâtre (programme Unis pour Nice).
Christian Estrosi, maire sortant, défend la construction d’une grande salle omnisports. Selon la Ville de Nice, une consultation citoyenne indiquerait que 85 % des Niçois y seraient favorables. L’objectif affiché est de répondre à une demande locale en équipements sportifs.
Pour Éric Ciotti, tête de liste UDR-RN, la caserne Auvare pourrait accueillir le village olympique des Jeux olympiques d’hiver 2030. Après les Jeux, le site serait transformé en campus universitaire, avec des logements pour étudiants et quelques logements pour actifs, afin d’assurer une reconversion durable.
Désormais engagé aux côtés d’Éric Ciotti, Jean-Marc Governatori, conseiller municipal et métropolitain d’opposition, a indiqué avoir échangé avec lui sur l’après-JO. Il défend un projet de réhabilitation des bâtiments existants, avec environ 100 logements, une rénovation thermique et un développement de l’autonomie énergétique du site. « La base de la base, c’est surtout qu’on ne détruit pas, on répare », avait-il déclaré lors de sa conférence de presse avant son engagement sur la liste UDR-RN.
Des habitants partagés sur l’avenir du site
Dans le quartier Saint-Roch, les habitants interrogés expriment des attentes variées.
Pour Cathy Degioannini, commerçante, la priorité reste le sport. « Une salle omnisports, c’est bien. Moi, je trouve que c’est une bonne chose ». Elle souligne également les difficultés de stationnement dans le secteur : « Ça fait 32 ans que je suis là. C’est catastrophique ».
Kelvin, habitant du quartier, regrette un manque d’ouverture des équipements existants : « Toutes les infrastructures ne sont pas ouvertes au grand public ».
Pour Angélique, le quartier manque surtout d’équipements pour les jeunes. « On nous a enlevé le théâtre, le cinéma ». Elle évoque le besoin de cinémas, théâtres, bowlings et terrains sportifs pour continuer à dynamiser le quartier.
À l’inverse, Virginie estime que le logement doit primer sur le reste. « On a besoin de plus de logements que de salles omnisports. Se loger, c’est vital ».
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