Cette semaine, le tribunal administratif a autorisé la présence de Pierre Ippolito, mais la question de son éligibilité reste ouverte. Les deux camps s’opposent désormais sur l’interprétation juridique et sur les conséquences possibles après le scrutin.
Le tribunal administratif de Nice a annulé le refus d’enregistrement opposé par la préfecture à la liste conduite par Éric Ciotti. Cette décision autorise la présence de Pierre Ippolito pour les élections municipales. La liste d’Eric Ciotti présente cette issue comme une clarification juridique attendue. La majorité sortante, elle, insiste sur la portée limitée du jugement et maintient que la question de l’éligibilité reste entière. Les deux camps s’affrontent désormais sur l’interprétation d’un même acte administratif, dans un contexte où les enjeux politiques se mêlent aux règles du code électoral.
Une validation administrative qui ne clôt pas le débat
Éric Ciotti, met en avant une décision qui « rétablit le droit ». Dans une communication officielle la liste « le meilleur est à venir » affirme que « Pierre Ippolito peut pleinement être candidat et figurer sur la liste conduite par Éric Ciotti. » Le tribunal a annulé le refus d’enregistrement de la préfecture et a condamné l’État à verser 1 500 euros au titre de l’article L.761‑1 du Code de justice administrative. Le candidat a annoncé que cette somme sera reversée au Restos du Cœur.
Le communiqué évoque aussi les prises de position de responsables de la majorité sortante : « approximatives et d’insinuations destinées à fragiliser la campagne. La décision du tribunal est présentée comme un point final à ces critiques. Le message insiste sur la cohésion de la liste et sur la poursuite d’une campagne « sereine et déterminée. »
Cette lecture a été rapidement contestée par Marc Concas de l’équipe de Christian Estrosi. Son équipe de campagne affirme que la décision du tribunal ne constitue en rien une validation de fond. Le texte rappelle que le préfet ne contrôle que la régularité formelle des listes. « Le tribunal a simplement rappelé une règle constante : le préfet ne contrôle que la régularité formelle des listes », peut‑on lire. Dans un autre communiqué, la liste précise que l’éligibilité relève du juge de l’élection, saisi après le scrutin : « oui, il peut être candidat. Mais s’il est élu, son éligibilité sera examinée et son inéligibilité manifeste sera prononcée. »
Cette position s’appuie sur l’article L.231 du code électoral. Le communiqué cite l’analyse du préfet des Alpes‑Maritimes, selon laquelle Pierre Ippolito se trouve dans une situation d’inéligibilité au regard de l’alinéa 2, 60 du code électoral. Le document rappelle que le chef d’entreprise est « titulaire de 17 marchés publics conclus avec la ville de Nice et la Métropole Nice Côte d’Azur. » Le rapporteur public a d’ailleurs indiqué à l’audience que « cette question a vocation à être tranchée ultérieurement. »
Une controverse alimentée par un courrier adressé au préfet
La tension politique autour de cette candidature ne date pas de la décision du tribunal. Un courrier adressé au préfet par Marc Concas, membre de l’équipe de campagne de Christian Estrosi, avait déjà attiré l’attention sur la situation de Pierre Ippolito. La lettre s’appuie sur l’article L.231 du code électoral et évoque une situation comparable à celle ayant conduit au retrait de Jean‑Pierre Rivère lors d’un précédent scrutin. Le document souligne que Pierre Ippolito exerce des responsabilités dans des sociétés titulaires de marchés publics liés à la Ville de Nice et à la Métropole. Les activités mentionnées concernent notamment la logistique du Carnaval et le traitement des déchets.
Le courrier conclut que cette situation entre dans « le champ des incompatibilités et inéligibilités prévues par le code électoral. » Cette analyse rejoint celle présentée dans le communiqué de la majorité sortante, qui affirme faire confiance à « l’analyse juridique des services de l’État. »
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