Municipales 2026 à Nice : les candidats éliminés clarifient leurs positions avant le 2nd tour

Le premier tour des municipales à Nice a livré un paysage politique contrasté. Trois listes restent en lice pour le second tour, tandis que quatre autres s’arrêtent là. Les prises de position des candidats éliminés dessinent désormais un champ politique fragmenté. Ces choix influencent la dynamique d’entre-deux-tours dans une ville où l’abstention a atteint 46,42 %.

Le premier tour dimanche dernier a placé la liste menée par Eric Ciotti en tête avec 43,43 % des suffrages exprimés. Christian Estrosi suit avec 30,92 %. Juliette Chesnel-Le Roux complète le trio qualifié avec 11,93 %.

Le soutien affirmé de Cédric Vella à Eric Ciotti

Cédric Vella, candidat de la liste À la reconquête de Nice, a rapidement clarifié sa position. Sur BFM Côte d’Azur, il a déclaré ce matin vouloir « tourner la page du Macronisme à Nice et surtout du système Estrosi et Éric Ciotti est venu placer désormais pour pouvoir l’emporter. Donc c’est pour cela que j’apporte mon soutien personnellement, pour pouvoir tourner cette page. Donc j’irai voter ce dimanche 22 mars pour Éric Ciotti et j’appelle toutes les personnes qui partagent la même conviction que moi, donc à savoir tourner cette page, d’en faire de même et d’aller apporter leur soutien à Éric Ciotti. »

Un choix qui s’inscrit dans une logique de rupture avec la majorité sortante. Cédric Vella est le seul candidat éliminé a adresser une consigne de vote en faveur d’une liste toujours en course pour la mairie de Nice et offre un positionnement clair à son électorat, marqué par une volonté de changement politique local.

Nice Démocratie Directe refuse toute consigne de vote

La liste Nice Démocratie Directe, conduite par Céline Forjonnel, adopte une posture différente. Lors de sa conférence de presse, l’équipe a indiqué avoir été approché par l’ensemble des candidats qualifiés au second tour mais qu’il n’était pas possible de donner une consigne de vote. La démarche du mouvement repose sur la liberté individuelle et sur une logique participative. La candidate explique que ce choix serait « incohérent » avec leur projet.

Le mouvement tire néanmoins un bilan positif de sa campagne. Les 2,24 % obtenus sont perçus comme un point d’appui pour la suite. L’équipe évoque la poursuite des assemblées citoyennes et la volonté de renforcer une dynamique locale fondée sur la participation directe. La diversité interne de la liste est mise en avant comme un élément structurant. Le mouvement se projette déjà vers les prochaines municipales, avec un processus de désignation interne similaire à celui de cette année.

Concernant la campagne actuelle, la formation estime que le maintien de la liste de Juliette Chesnel-Le Roux « laisse une option démocratique. » Elle juge que le refus de débat d’Eric Ciotti relève d’une stratégie, tout en s’interrogeant sur l’utilité réelle des échanges diffusés durant la campagne.

Le Nice Front Populaire critique la décision de Juliette Chesnel-Le Roux et appelle à la mobilisation

La liste Nice Front Populaire, qui a obtenu 8,95 %, exprime une position plus offensive. Le parti a remercié ses électeurs et souligne sa progression dans plusieurs quartiers populaires. Le mouvement regrette cependant de ne pas avoir atteint le seuil des 10 % permettant une fusion.

La formation estime qu’une union avec la liste Unis pour Nice aurait été possible. Elle considère que le refus de Juliette Chesnel-Le Roux empêche la constitution d’un front commun. Dans un communiqué les colistiers évoquent « la seule volonté de Juliette Chesnel-Le Roux et de ses colistier-es et dénonce une décision qui  prive ainsi 10 767 électrices et électeurs […] d’être représentées au conseil municipal. »

La liste appelle désormais les électeurs à se mobiliser « en leur âme et conscience » pour « faire barrage à l’extrême droite. » Elle annonce aussi de nouvelles initiatives dans les semaines à venir pour poursuivre son action militante.

Un entre-deux-tours sous tension politique

Les choix des candidats éliminés montrent des orientations divergentes. Entre soutien clair vers Eric Ciotti, une neutralité assumée et un appel à la mobilisation contre l’extrême droite, ces positions structurent un paysage politique fracturé où chaque voix compte.

Le second tour se jouera dans un contexte marqué par une abstention importante (46,42%). Les électeurs des listes éliminées représentent un réservoir décisif qui pourraient peser sur l’issue du scrutin tout autant que le choix d’aller aux urnes des abstentionnistes.

Dans ce climat, Renaud Muselier a pris la parole. Le président de la Région Sud rappelle que « le 1er tour a confirmé qu’il n’y avait pas de raz-de-marée des extrêmes » tout en appelant à la vigilance. Il souligne que « le risque de bascule de certaines d’entre elles est réel » dans les communes encore en ballotage et invite donc à « un grand rassemblement des électeurs derrière les candidats responsables qui sont en mesure de l’emporter contre les extrêmes, tout particulièrement à Nice. »

Cette déclaration place la capitale Azuréenne au centre d’un enjeu politique plus large, où le second tour dépasse le seul cadre municipal pour devenir un moment de mobilisation territoriale.

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