Réunie hier soir dans le quartier Saint-Roch à Nice pour un meeting de campagne, la liste « Nice Front Populaire », portée notamment par « La France insoumise », a multiplié les attaques contre Christian Estrosi et Éric Ciotti à quelques semaines des municipales de 2026.
La campagne des municipales 2026 s’intensifie à Nice. Lors d’un meeting organisé par le « Nice Front Populaire », les prises de parole se sont succédé dans une atmosphère résolument tournée contre la majorité en place et la droite azuréenne. La tête de liste, Mireille Damiano, ainsi que Manon Aubry, députée européenne de « La France insoumise », ont articulé leurs discours autour d’un double axe : dénoncer la gestion locale de Christian Estrosi et s’opposer aux positions d’Éric Ciotti.
Dans son intervention, Mireille Damiano a insisté sur la nécessité d’un changement politique à Nice, critiquant ce qu’elle considère comme une concentration du pouvoir et un manque de réponses sociales. Elle a défendu une alternative portée par la gauche, affirmant que le projet du « Nice Front Populaire » s’inscrit dans une volonté de rupture avec les politiques menées ces dernières années.
La référence à Éric Ciotti a également été centrale. Les intervenants ont dénoncé ses prises de position nationales et locales, les présentant comme symptomatiques d’un durcissement du débat public. L’objectif affiché : incarner une opposition claire face à la droite niçoise et à ses relais nationaux.
Un écho à l’actualité nationale
Au-delà des enjeux municipaux, le meeting a été marqué par des allusions à la situation politique nationale. Manon Aubry a notamment replacé la campagne niçoise dans un contexte plus large, évoquant les tensions sociales et les débats sécuritaires qui traversent le pays.
Interrogée sur la mort de Quentin Deranque à Lyon, ce jeune homme décédé après avoir été violemment agressé, la députée européenne a réagi en appelant à ne pas instrumentaliser le drame. Elle a défendu une approche fondée sur la justice et la responsabilité, tout en mettant en garde contre les récupérations politiques. « Il ne faut jamais instrumentaliser un drame humain à des fins partisanes. La justice doit faire son travail », a-t-elle déclaré, soulignant la gravité des faits et la nécessité de réponses adaptées.
Une stratégie assumée face à la droite niçoise
Le meeting a confirmé la ligne stratégique de la liste : se positionner comme l’alternative principale à Christian Estrosi, tout en affrontant frontalement les idées portées par Éric Ciotti. Le Nice Front Populaire a dénoncé ce qu’ils décrivent comme une politique tournée vers la communication plutôt que vers les besoins sociaux.
Pour les membres du « Nice Front Populaire », l’enjeu des « municipales 2026 »dépasse la seule gestion municipale. Il s’agit, selon eux, de proposer un projet ancré localement mais capable de répondre aux dynamiques nationales. À mesure que l’échéance électorale approche, la confrontation politique à Nice s’annonce de plus en plus structurée autour de ces clivages.
Un rassemblement de la gauche au second tour toujours incertain à Nice
La question de l’union de la gauche, déjà actée depuis plusieurs mois à Nice, a été remise sur la table lors des échanges en marge du meeting. Faute d’accord avec Juliette Chesnel-Le Roux, tête de liste de « Unie pour Nice », le « Nice Front Populaire », soutenu notamment par La France insoumise, partira seul au premier tour des municipales 2026.
Interrogée sur l’absence de liste commune dès le 15 mars, Mireille Damiano a défendu la position de son équipe : « depuis le début, nous avons proposé une alliance et cette promesse, nous la tiendrons ». Elle a néanmoins précisé qu’aucun désistement automatique n’était envisagé : « Il n’y aura pas de désistement au second tour, quoi qu’il advienne ».
À la question d’un risque de division pouvant profiter à la droite, la candidate a estimé que le travail de rassemblement avait été engagé en amont : « cla fait des mois que nous travaillons à ce rassemblement. Nous tenons nos engagements. Si cela n’est pas possible, les électeurs choisiront. »
Manon Aubry a, elle aussi, insisté sur la cohérence politique de la démarche, tout en laissant ouverte la possibilité de discussions pour le second tour si un accord sur les orientations était trouvé.
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