Municipales 2026 à Nice : Juliette Chesnel-Le Roux a déposé sa liste et ne fera pas d’alliance

Juliette Chesnel‑Le Roux a déposé à 15 heures ce lundi sa liste Unis pour Nice à la préfecture pour le second tour des municipales. Une décision qui acte définitivement l’absence d’union de la gauche à Nice, malgré une réunion tenue le matin même avec Nice Front Populaire. Les deux camps s’accusent désormais mutuellement d’avoir fait échouer les négociations.

Face à la presse, Juliette Chesnel‑Le Roux a confirmé cet après-midi qu’elle maintenait sa liste au second tour, malgré les pressions venues « de tous les niveaux, du local au national. » Elle affirme avoir été informée de tentatives d’intervention de l’Élysée ou de Matignon, sans y avoir répondu : « j’avais éteint mon téléphone, glisse-t-elle.Ils ne connaissent probablement pas suffisamment bien la vie politique Niçoise. »

La candidate écologiste revendique une décision « collective », prise avec l’ensemble de sa liste et des partis qui la soutiennent. Elle assure être restée « droite sur ses valeurs » et refuse l’idée d’un retrait au profit de Christian Estrosi mais demande à l’inverse au maire sortant : « si Christian Estrosi est républicain, s’il aime cette ville, qu’il se retire pour permettre un véritable rassemblement républicain. »

Elle accuse par ailleurs le maire sortant d’avoir « banalisé l’extrême droite » depuis des années, rappelant ses alliances passées et la présence d’anciens cadres lepénistes dans son entourage.

Une réunion du matin qui tourne court

La matinée avait pourtant commencé sous de meilleurs auspices. À l’invitation de Unis pour Nice, une délégation du Nice Front Populaire avec Mireille Damiano, Olivier Salerno, Anne‑Laure Chaintron et David Nakache s’était rendue à une réunion de travail.

Selon le Nice Front Populaire :

  • aucune divergence programmatique majeure n’a été relevée,
  • aucune ligne rouge n’a été posée sur la composition d’une éventuelle liste commune,
  • et c’est Unis pour Nice qui aurait demandé à Nice Front Populaire de formuler une proposition.

La délégation représentée par Mireille Damiano dit avoir présenté « une ébauche de liste équilibrée en fonction des poids électoraux respectifs. » Une déclaration commune devant la presse devait même être faite pour acter cette première étape. Mais moins de vingt minutes plus tard, tout bascule.

Nice Front Populaire dénonce un « refus unilatéral »

Dans un communiqué très ferme, le Nice Front Populaire accuse Juliette Chesnel‑Le Roux d’avoir mis fin brutalement aux discussions : « Julien Picot a appelé Mireille Damiano pour l’informer d’un refus unilatéral et définitif, sans possibilité de poursuivre les négociations, tout en publiant dans le même temps un communiqué préparé à l’avance. »

Le mouvement parle d’une démarche « insincère », d’une stratégie « irresponsable et inconsciente », et estime que les intérêts des Niçoises et des Niçois ont été « écartés au profit d’intérêts individuels. »

La liste menée par Mireille Damiano souligne que, dans de nombreuses villes « d’Avignon à Toulouse en passant par Lyon » des accords sont trouvés pour faire barrage à l’extrême droite, et accuse Unis pour Nice d’avoir « immédiatement mis fin à toute possibilité de front commun. »

Deux récits irréconciliables

Juliette Chesnel‑Le Roux, elle, décrit une réunion marquée par des « exigences inconcevables » de la part du Nice Front Populaire, notamment la demande de retirer les candidats socialistes en position éligible. Elle affirme que la proposition des colistiers ayant terminé le premier tour à la quatrième position du scrutin revenait à réclamer « pratiquement la moitié des places de la liste. »

Le Nice Front Populaire dément formellement cette version et assure n’avoir demandé qu’un équilibre proportionnel aux résultats du premier tour. Les deux camps se renvoient donc la responsabilité de l’échec dans des négociations qui n’ont jamais abouti depuis près d’un an. Le Nice Front Populaire, de son côté, appelle à « continuer le front contre l’extrême droite et la droite extrême qui lui pave le chemin. »

Juliette Chesnel‑Le Roux dit avoir déjà relancé la campagne, notamment auprès des abstentionnistes : « beaucoup de Niçois nous disent : maintenez-vous, ne cédez pas aux pressions. » Elle se prépare à siéger face à Éric Ciotti si celui-ci l’emporte : « il faudra une opposition forte pour défendre le logement pour tous, lutter contre les discriminations et protéger les plus fragiles. »

Finalement, au lendemain du premier tour de cette élection pour les municipales, aucune dynamique unitaire n’aura survécu. La gauche partira en ordre dispersé, dans une configuration où chaque voix pèsera lourd, mais séparément.

Propos recueillis par Diane Roustan

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