À l’occasion de sa campagne pour les municipales, Christian Estrosi a présenté son plan « Gran Soulèu d’Or », destiné à faire de Nice une ville pionnière du solaire. Le maire sortant veut en faire un marqueur politique majeur, défendant une transition énergétique locale qu’il oppose à un « retour en arrière ».
Face à la flambée des prix de l’énergie, la ville de Nice mise sur un atout naturel majeur : son ensoleillement. Le maire de Nice, Christian Estrosi, a présenté ce 19 mars 2026 un plan baptisé « Gran Soulèu d’Or », destiné à accélérer le développement de l’énergie solaire sur le territoire. Objectif : produire localement une électricité moins coûteuse et renforcer l’indépendance énergétique des Niçois.
Un plan en trois axes. Avec près de 2 800 heures de soleil par an selon lui, Nice dispose d’un potentiel important. « Nous sommes assis sur une mine de soleil », a déclaré Christian Estrosi lors de sa prise de parole au AnimaNice Maioun dou Rai.
Dans un contexte marqué par la hausse des coûts de l’énergie depuis 2022, la municipalité souhaite réduire la facture des habitants en développant le photovoltaïque. Première étape : équiper les bâtiments publics. Plus de 1 000 infrastructures municipales pourraient être concernées, pour un potentiel estimé à 60 000 m² de panneaux, soit l’équivalent de la consommation de 5 000 foyers. À titre d’exemple, le site de la Maioun dou Rai pourrait produire 150 MWh par an grâce à 500 m² de panneaux.
Le plan prévoit également d’impliquer les copropriétés, avec l’objectif de réduire les charges des habitants. Une installation de 15 m² permettrait d’économiser environ 700 euros par an pour un foyer de trois personnes. Certaines résidences pourraient bénéficier de projets d’ampleur, capables d’alimenter plusieurs centaines de logements.
Enfin, la municipalité souhaite développer l’autoconsommation collective. L’idée est de consommer localement l’électricité produite, en la redistribuant entre bâtiments publics et habitations. « C’est le circuit court du solaire », a résumé le maire, mettant en avant un modèle permettant de réduire les coûts en limitant les intermédiaires.
Un projet, une politique
Une vision en duo. Interrogé sur l’appel à faire barrage et sur la lassitude exprimée par certains électeurs de gauche, Christian Estrosi a défendu un choix qu’il présente comme déterminant pour l’avenir de la ville. L’élu a opposé « choix de société possibles : un retour en arrière ou la poursuite d’une marche en avant », a-t-il déclaré.
Le maire a également mis en avant un projet qu’il affirme construit avec « des écologistes authentiques, partageant selon lui les mêmes valeurs républicaines. » Il a insisté sur le développement de la régie municipale solaire comme levier pour réduire le coût de l’énergie et améliorer le pouvoir d’achat des habitants.
À plus long terme, Christian Estrosi a évoqué des enjeux économiques et sociaux, estimant que certaines orientations politiques pourraient fragiliser l’attractivité, l’emploi et la cohésion sociale à Nice.
Avec ce plan « Gran Soulèu d’Or », Nice entend amorcer une transformation de son modèle énergétique, à la croisée des enjeux écologiques et économiques. Reste désormais à traduire ces ambitions en réalisations concrètes sur le territoire ?
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