Plus de 2 000 personnes se sont rassemblées place Masséna à l’appel du syndicat Alliance Police Nationale pour alerter sur les conditions de travail des policiers et porter des revendications jugées urgentes par la profession.
Une importante mobilisation s’est tenue ce samedi matin à Nice. Plus de 2 000 personnes, selon la police, sont venues soutenir les forces de l’ordre à l’appel du syndicat Alliance Police Nationale. Le rassemblement a pris la forme d’une marche citoyenne organisée dans le centre-ville, avec un point de départ place Masséna. L’objectif affiché portait sur une alerte concernant les conditions de travail des policiers, qualifiées de critiques par le syndicat organisateur.
A 11 heures, un cortège citoyen s’est élancé de la place Masséna. Des policiers en civil étaient présents, aux côtés de nombreux citoyens venus exprimer un soutien aux forces de l’ordre. Des responsables politiques ont également fait le déplacement, entraînant une forte affluence d’élus et de représentants de partis. Cette mobilisation s’est déroulée dans un contexte particulier, marqué par des règles strictes imposées aux policiers en service. Ces derniers n’avaient pas le droit de participer à la manifestation en tenue de travail. Ils étaient tout de même présent afin d’assurer la sécurité de leurs collègues.
Une alerte sur les conditions de travail et la perte de sens
Interrogé sur les raisons de cette mobilisation, Julien Hausknecht, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale 06, a pris la parole pour expliquer la démarche engagée. « Les policiers sont à bout. On demande un choc d’autorité et à ce que le gouvernement prenne conscience du ras-le-bol des conditions dans lesquelles on travaille. Nous, on demande à faire notre travail. »
Le représentant syndical a évoqué une difficulté croissante à exercer les missions fondamentales de la police. « On est là pour protéger, servir. Aujourd’hui, on n’a plus ces moyens-là. Et il est temps de prendre le grand tournant. » Alliance Police Nationale a justifié cette mobilisation par un positionnement national. « Si Alliance Police Nationale a pris cette décision, c’est qu’on est quand même le plus gros syndicat des policiers. Il faut quand même remettre du sens et du cœur. On veut une société apaisée. »
La question des moyens et de l’organisation du travail a occupé une place centrale dans le discours. « On veut des collègues qui puissent travailler convenablement. Et en réalité, on est en 2026 et tout se dégrade. » Des chiffres ont été avancés pour illustrer cette situation. A ce jour environ trois millions de procédures seraient en attente alors que 1,5 millions de procédures seraient rédigées chaque années.
Le lien entre police et justice a également été abordé. « La police ne peut pas travailler solo, on est en lien avec la justice. Mais il y a vraiment une coupe à faire. » Une critique du « tout plainte » a été formulée. « Si c’est pour reclasser derrière, il n’y a plus de sens. Il y a une perte de sens. »
Plusieurs faits récents survenus à Nice ont été cités pour rappeler l’importance du cœur de métier de policier.
Une marche citoyenne assumée et une présence politique encadrée
La forme choisie pour cette mobilisation a été expliquée comme un choix assumé. « La sécurité, c’est l’affaire de tous. Si on veut une société apaisée, c’est tous les acteurs de la société qui doivent être en action. » Le rôle du citoyen a été revendiqué par le syndicat. « Nous, c’est la population. Ce n’est pas des statistiques. »
À l’approche des élections municipales, la question d’une récupération politique a été soulevée. Julien Hausknecht a répondu en affirmant une ligne de neutralité : « pour Alliance Police Nationale, c’est une marche citoyenne. Il n’y a pas d’étiquette. » Plusieurs responsables politiques été présents ou représentés, parmi lesquels Eric Ciotti, Christian Estrosi, Anthony Borré, Dominique Estrosi Sassone, Alexandra Masson, Louis Nègre ou Jean Léonetti.

Le discours s’est conclu sur une interpellation adressée à l’État et au gouvernement : « on est à Nice, on est à 1 000 km de Paris, là, il est temps que ça bouge, ça suffit maintenant », a ajouté Julien Hausknecht avant de rebondir sur les conditions matérielles de travail : « on a des logiciels obsolètes qui sont du Moyen-Âge, on a des conditions de travail dans des bâtiments vétustes. »
À la question du respect ressenti par la profession, Julien Hausknecht a apporté une réponse nuancée. « Aujourd’hui, on manque de confiance, on a perdu cette confiance, et aujourd’hui, on manque de sens aussi. » Une attente claire a été formulée. « Le métier a besoin de retrouver le sens premier de sa mission, la confiance pleine d’un gouvernement et la confiance pleine de nos citoyens. »
K.S et Théo.G
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