Un arrêté inter préfectoral acte la création d’une aire marine protégée sur le littoral niçois. Le projet, porté par la Métropole Nice Côte d’Azur et la ville de Nice, a fait l’objet d’une enquête publique.
L’État a signé un arrêté inter préfectoral officialisant la création de l’aire marine protégée niçoise. Cette zone se décline en deux périmètres. Le premier s’étend de l’embouchure du Var à la Pointe Madame. La seconde zone se situe entre la Promenade des Anglais et le Cap de Nice. La surface couvre environ 50 hectares.
Le projet repose sur deux zones de protection des habitats naturels marins. La réglementation prévoit l’interdiction de la pêche et de l’ancrage destructeurs. L’objectif affiché concerne la préservation de la biodiversité marine présente sur ce secteur du littoral urbain.
Les habitats mentionnés sont multiples. Les herbiers de posidonie et de cymodocées figurent parmi les milieux concernés. Des grottes sous-marines sont intégrées au périmètre. Les récifs coralligènes, composés notamment de gorgones et de coraux, sont également protégés. Les fonds meubles de la Baie des Anges font partie de l’aire. La faune recensée comprend des oursins, des étoiles de mer, des mollusques, des langoustes, des thons et des mérous. Des canyons sous-marins et des mammifères marins sont aussi cités.
Une enquête publique et une contribution politique
La création de cette aire marine protégée a donné lieu à une enquête publique. Dans ce cadre, la liste Nice Front Populaire a déposé un avis officiel le 29 décembre 2025. La prise de position exprime un soutien de principe à la création de l’aire.
Le Nice Front Populaire s’est dit « favorable à la création d’une Aire Marine Protégée et salue les aspects positifs du projet présenté. » Le texte souligne notamment « le degré de protection le long de la Promenade des Anglais […] l’interdiction de pénétration la “Grotte à corail” dégradée par la plongée. »
Plusieurs limites sont toutefois pointées. L’avis évoque « quatre points de carence majeurs » si le projet est acté en l’état. Le premier point concerne « l’absence de continuité écologique entre les deux zones. » Le second point porte sur la taille du périmètre. Le Nice Front Populaire estime la surface « beaucoup trop réduite et fragmentée. » Une comparaison est faite avec le parc national de Port-Cros et la réserve de Scandola.
Le troisième point soulevé concerne les moyens de contrôle. L’avis mentionne « l’absence de dispositif de surveillance et de sécurité suffisant. » Il est précisé que « l’efficacité du projet est dépendante des moyens attribués aux services de contrôle. » La police municipale, l’Office français de la biodiversité et la gendarmerie maritime sont cités.
Le quatrième point concerne la pêche professionnelle. Le Nice Front Populaire critique « la dérogation à la pêche professionnelle sur 8 mois/an dans la zone des Sans-Culottes. » La position est formulée ainsi : « il est inacceptable que le projet, dans forme actuelle, confère le statut de Zone de Protection Forte à une zone ouverte à la pêche 8 mois sur 12. »
Des propositions pour renforcer la protection
Le Nice Front Populaire formule quatre propositions. La première vise à « créer une réelle protection forte ». La suppression totale de la pêche professionnelle dérogatoire dans la zone Sans-Culottes est demandée. La seconde proposition porte sur la surveillance grâce à des « patrouilles régulières », une « vidéo-surveillance littorale ciblée sur les zones de mouillage sauvage » et un renforcement de la signalisation. La troisième proposition concerne le suivi scientifique comprenant un « protocole de suivi des posidonies / coralligène / communautés de poissons. » La quatrième proposition vise la cohérence spatiale pour parler de la connexion à moyen terme des deux zones par des corridors écologiques littoraux. « C’est à ces quatre conditions que Nice se dotera d’une Aire Marine Protégée digne de ce nom. Le niveau de protection doit être à la hauteur des dangers qui pèsent sur la biodiversité marine », conclu la liste engagée dans les municipales 2026 à Nice.
Une décision actée par l’État
Malgré ces réserves, l’arrêté inter préfectoral a été signé. La Métropole Nice Côte d’Azur met en avant le travail de concertation engagé dès 2019 comme s’en est félicité Christian Estrosi : « Nice devient la première ville de Méditerranée à se doter d’une aire marine protégée le long d’un littoral urbanisé. Une reconnaissance forte de notre vision et de notre ambition de faire de Nice l’une des métropoles les plus exemplaires d’Europe en matière de protection du littoral et de transition écologique. Ici, nous agissons concrètement pour préserver la Méditerranée, joyau de notre identité et de notre avenir […] L’enjeu est désormais de faire vivre cette aire marine protégée, de la faire grandir, comprendre et respecter. » Les échanges ont associé pêcheurs professionnels, pêcheurs de loisir, plaisanciers, clubs de plongée, associations environnementales et services de l’État.
Sa création intervient après la tenue à Nice de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan, UNOC3, organisée du 9 au 13 juin 2025. Cette conférence a donné lieu aux « Engagements de Nice pour l’Océan », visant notamment l’élargissement des aires marines protégées à 11 % des espaces maritimes mondiaux.
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