Les buralistes niçois signent une convention contre le trafic illicite de tabac

La ville de Nice a franchi une étape importante dans la lutte contre le trafic illicite de tabac. La signature d’une convention de partenariat avec la Fédération départementale des buralistes des Alpes-Maritimes est axée sur la sécurisation des commerces et la prévention de la délinquance. 

L’idée de cette convention est venue de Jean-François Ona, chargé de mission pour la ville de Nice. Elle a été signée entre la Ville et la Fédération départementale des buralistes des Alpes-Maritimes, dans un contexte où le trafic illégal de tabac constitue un enjeu majeur de sécurité et d’ordre public. Lors de la signature, Anthony Borré, premier adjoint au maire de Nice, a souligné le caractère nouveau de cette initiative, appelant à son adaptation à l’échelle nationale : « j’appelle tous les maires à nous piquer cette convention. » Une déclaration qui illustre la volonté municipale de faire de Nice un territoire pilote face à un phénomène qui dépasse largement le cadre local.

Les Alpes-Maritimes, un territoire particulièrement touché

Le département des Alpes-Maritimes est aujourd’hui le plus impacté par le trafic illicite de tabac en France. Une situation qui peut s’expliquer par la proximité de la frontière italienne, facilitant les flux illégaux. Ce trafic porte atteinte à l’économie légale et fragilise directement les buralistes, seuls acteurs autorisés à vendre du tabac sur le territoire national. Serdar Kaya, président national des buralistes, a insisté sur la portée symbolique de cette démarche en affirmant que « cette convention est une signature politique ». Il a également rappelé que le trafic de tabac constitue « un phénomène de société », dépassant la simple question commerciale : « le seul réseau légal en France, c’est les buralistes », a-t-il souligné, avant d’alerter, « si les buralistes déclinent, la société décline. » À Nice, les épiceries de nuit sont identifiées comme les premiers points de revente de tabac illégal. Leur présence génère de nombreuses difficultés pour la municipalité, tant sur le plan de la sécurité que du respect de la réglementation. En 2025, 121 fermetures de ce type d’établissement ont été prononcées. Toutefois, la mairie se heurte à une difficulté majeure : il est quasiment impossible de les faire fermer définitivement, ce qui complique la lutte contre les réseaux illégaux.

Les représentants de l'Etat se tenant à coté de leur signature sur la convention.

Une implication municipale au-delà de ses compétences

Si la lutte contre le trafic de tabac relève principalement des compétences de l’État, la ville de Nice n’était donc pas obligée d’intervenir. Pourtant, elle a choisi de s’engager activement dans ce domaine, en cohérence avec sa politique de sécurité. Depuis 2015, la municipalité a mis en place de nombreux dispositifs pour protéger les Niçois. Parmi eux, l’installation de boutons d’alerte pour les commerçants, un dispositif unique en France. Cette mesure a contribué à une baisse significative des vols à main armée dans les commerces, en dissuadant les délinquants. La vidéosurveillance constitue également un pilier de la politique de sécurité de la ville. Les caméras installées sur le territoire sont saisies par la justice environ 2 000 fois par an, soit plusieurs fois par jour, afin de résoudre des affaires judiciaires. Un chiffre qui témoigne de leur utilité concrète dans la lutte contre la délinquance et le maintien de la sécurité publique. À travers cette convention inédite, la ville de Nice affirme ainsi sa volonté de protéger les commerces légaux, de soutenir les buralistes et de lutter efficacement contre un trafic qui fragilise l’économie locale. Une initiative qui pourrait, comme l’espère la municipalité, inspirer d’autres collectivités en France.

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