La Course des garçons de café anime le Vieux-Nice pour le Carnaval 2026

Plateau à la main, costume sur le dos et sourire aux lèvres : à Nice, même les serveurs deviennent des sprinteurs le temps d’une matinée pas comme les autres.

Des commerçants niçois ont participé à une course de garçons de café organisée dans le cadre du Carnaval de Nice, dimanche 15 février à partir de 9 heures, sur la Place du Palais de Justice dans le Vieux-Nice, face au tribunal. Cette épreuve festive et costumée s’est déroulée en accès libre et gratuit pour le public venu encourager les participants.

À leur arrivée sur la place, une arche gonflable bleue portant l’inscription « Ville de Nice » marque le départ. La musique résonne dans l’air tandis qu’un animateur ponctue l’événement au micro, donnant le rythme et les consignes aux concurrents et créant une ambiance conviviale et joyeuse. Face à eux, une scène spécialement installée pour l’occasion accueille le jury assis et les officiels debout, se faisant face et encadrant la compétition dans un cadre à la fois officiel et festif.

les garçons de café prennent la pause sur la scène face au jury qui va les noter

Dans la foule, les spectateurs ne sont pas en reste : nombreux sont ceux qui ont revêtu des costumes colorés et extravagants, dans le respect de l’esprit carnavalesque. On remarque particulièrement des hommes déguisés en femmes, avec robes, perruques et maquillage éclatant, transformant la place en un véritable tableau vivant où se mêlent humour et créativité. Les participants, eux, tiennent un plateau dans une main et portent un numéro sur le torse, symbole emblématique de la course et rappel de sa dimension compétitive. Entre équilibre, rapidité et mise en scène, chaque concurrent semble défier à la fois les lois de la gravité et celles du carnaval.

L’ambiance sonore complète ce tableau : des cris et des encouragements fusent depuis la foule tandis qu’une musique entraînante accompagne chaque passage. Une troupe de percussions 100 % féminine rythme l’événement, en parfaite harmonie avec le thème de cette année, « Vive la Reine », ajoutant puissance et énergie à la course et renforçant la cohésion festive entre participants et spectateurs.

une troupe de femmes jouent des percussions sur la scène pour lancé le coup d'envoi de la course

Pour certains, la course est une première découverte. En interrogeant le public, Monique, 80 ans et retraitée, confie : « je suis venue voir, c’est la première fois que je viens ! Je suis tombée de mon lit et je me suis dit : j’y vais ! Alors ils sont un peu en retard… mais c’est sympa ! » Elle explique avoir eu l’information grâce à un dépliant à l’office du tourisme et ajoute avec un sourire : « je me suis dit cette fois j’y vais, parce que les autres années je n’avais pas vraiment eu l’envie. » Son enthousiasme illustre parfaitement l’esprit populaire et convivial qui règne sur la Place du Palais de Justice ce dimanche matin.

À côté de la piste, Elora, 23 ans, barista chez «Emily’s Cookies», est venue soutenir son compagnon Jeremy. « oui, je suis venue pour soutenir mon copain ! » explique-t-elle avec enthousiasme. Son compagnon se distingue déjà dans son costume de Marilyn Monroe, et elle ne cache pas son amusement : « franchement, je trouve ça très sexy ! » rit-elle. Quand on lui demande si elle « porte la culotte » pour la journée, elle réplique malicieusement : « pour aujourd’hui, oui ! » Toujours souriante, elle précise qu’elle compte le soutenir de la meilleure manière possible : « eh bien, en restant ici à ses côtés », ajoutant une note de complicité tendre et humoristique à cette matinée carnavalesque.

Parmi les participants donc, Jeremy, 30 ans, serveur au « Type 55 », attire les regards dans son costume inspiré de Marilyn Monroe. Avec humour et bonne humeur, il s’amuse des présentations : « bonjour monsieur ? Ou madame ? (rire) Oh, monsieur, madame, on ne sait pas trop ! » C’est sa première participation à la course. Interrogé sur le froid matinal, il réplique avec énergie : « je me les gèle, je me les gèle, je me les gèle, je me les gèle !» avec le sourire, le rouge à lèvres et le plateau «il faut bien représenter, hein ! » Jeremy explique qu’il est venu pour tenter sa chance dans la course, mais surtout pour s’amuser : « je vais essayer de participer à la course, de gagner la course et surtout de m’amuser ! »

À ses côtés, son ami Martin, 27 ans, serveur à la « Tosca », s’avance dans une longue robe bleue, une perruque blonde et des lunettes de soleil noires. En riant, il admet : « moi ? Je viens courir ! En quoi ? En reine des neiges ? En reine de je ne sais pas quoi ! » Jeremy s’empresse de le compléter : « la reine de mon cœur ! » Les deux amis éclatent de rire et s’enlacent sous les encouragements du public. Quand on leur demande s’ils pensent gagner, la réponse fuse : « je pense qu’on va gagner ! » et Jeremy ajoute malicieusement : « y en a qui pensent perdre ? Ah, eh bien, écoutez, c’est leur problème ! » Le ton est décalé, festif et complice, illustrant parfaitement l’esprit carnavalesque de cette course pas comme les autres.

Deux hommes en perruques blondes et robes longues avec leurs numéro de dossard sur leurs torses et leurs plateaux dans les mains
Photo : Diane Roustan

Non loin de là, Vadim, 10 ans, élève de CM1, participe à sa manière à la fête avec un panneau qu’il brandit fièrement. « 21 Paysans ! » crie-t-il, avant de préciser que c’est pour « Théo et Théooooo 2 ! » en insistant longuement sur le dernier “O”. Sa mère, Juliette, 31 ans, directrice artistique, explique la motivation de leur présence : « on adore ce restaurant qui est juste en bas de chez nous, et on vient parce qu’on adore ! On est là pour les encourager parce que c’est notre resto préféré !. » Vadim ajoute fièrement : « et on a dessiné tout tout seul ! »

Juliette précise que, bien qu’ils n’aient aucun lien direct avec le restaurant, ils le fréquentent quotidiennement et connaissent l’équipe. Quand le restaurant a parlé de la course, Vadim a immédiatement suggéré de réaliser un poster pour soutenir les concurrents. La fatigue ne semble pas entamer leur enthousiasme : « non, on n’a pas dormi de la nuit ! » confirme Juliette, et à la question de savoir si la journée risquerait de calmer leur énergie, elle répond : « non, pas du tout ! » Leur créativité et leur complicité apportent une touche familiale et vivante à cette matinée carnavalesque.

Une mère et son fils qui brandissent un panneau avec écrit "21 Paysans" dessus
Photo : Diane Roustan

La course, pour sa 3ème édition met l’accent sur la créativité et le spectacle. Les trois meilleurs déguisements ont été récompensés, tandis que le vainqueur s’est vu remettre un trophée spécialement conçu par l’artiste Patrick Moya, remis en compétition chaque année pour créer une tradition symbolique et festive.

Encore récente dans l’histoire du carnaval, la Course des garçons de café séduit par sa proximité et son ton décalé. Elle incarne une facette populaire de la fête, faite de rires, d’encouragements et de participation locale. Et qu’ils franchissent la ligne en tête ou essoufflés, tous les concurrents servent finalement la même spécialité au public : une généreuse tournée de bonne humeur, sans jamais renverser l’esprit du carnaval.

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