La bataille des fleurs embrase la ville de Nice

Sous un ciel radieux, la bataille des fleurs a métamorphosé la promenade en un lieu de fête, entre chars multicolores, danseurs énergiques et spectateurs en liesse. Entre attentes, éclats de rire et pluie de pétales, la célébration a proposé une représentation populaire qui attire des touristes, des familles et des artistes venant de tous les continents.

À 14h30 pétante, la musique démarre et les artistes de danse font leur apparition sur la Place Masséna. Le public, installé dans les gradins, se lève, applaudit et filme. Les premières mesures de Magic System ou de « Cette année-là » font grimper la chaleur. Les artistes échauffent le public en lançant des signes complices et des sourires délibérés. L’atmosphère est déjà chargée d’électricité.
Rapidement, une bataille s’établit, non pas celle des fleurs, mais celle des tribunes. Elles s’animent d’énergie : Max Gallo, Jean Jaurès, Masséna, Félix Faure, et la promenade des anglais. Tous s’efforcent de créer plus de bruit, de danser avec plus d’énergie, d’attirer l’attention des artistes.

Le présentateur anime la foule, les enfants remuent les bras, les téléphones sont levés pour immortaliser le moment. La célébration est collective, et compétitive. À 14h57, alors que trente minutes avant, certains se demandaient si le maire serait présent, un mouvement attire l’attention : l’arrivée du maire. Quelques applaudissements éclatent, Christian Estrosi serre la main des personnalités proches de son siège, tandis que d’autres spectateurs poursuivent leur danse, absorbés par la musique. Assis au milieu de la foule, lui aussi est venu profiter de la fête.

Christian Estrosi lors de la bataille des fleurs, gradin Jean Jaurès, au milieu de la foule.
Photo : Maïlys Le Deunff

Un défilé de couleurs et de culture

À 15h05, les premiers chars font leur apparition au bout de l’avenue, accompagnés d’un murmure qui ne cesse de grandir. Les têtes s’élèvent, les téléphones se soulèvent. Puis, les couleurs apparaissent. Les fleurs s’épanouissent en jaune lumineux, en rose doux, en rouge intense, en orange ardent. Les compositions sont faites avec précision, presque comme des sculptures. Les chars progressent à un rythme modéré, offrant au public l’opportunité de scruter chaque aspect, chaque tenue, chaque décor minutieusement conçu. Parmi les performers, les échassières venues des Pays-Bas dominent la foule de toute leur hauteur spectaculaire. Revêtues de tenues éclatantes, elles progressent avec élégance malgré la distance qui les sépare du sol. Sur les chars, les tableaux défilent et racontent tous une identité marquante. Un char italien exhibe fièrement une soldate romaine, qui arpente la Promenade avec élégance, casque brillant et posture rigide, telle une apparition de l’Antiquité. Plus loin, une ambassadrice endosse le rôle de la Joconde, avec son sourire mystérieux et son regard perçant, rendant honneur au patrimoine artistique européen.

La France ne fait pas exception : Marianne, symbole de la Révolution, se dresse sur un char aux couleurs bleu, blanc et rouge. Vêtue des couleurs du pavillon et entourée de fleurs assorties, elle tient haut l’étendard tricolore sous les acclamations du public.
L’ambiance évolue quelques minutes plus tard : place à la musique brésilienne. Des plumes, des paillettes et des rythmes vivants insufflent une ambiance carnavalesque. Chaque personnage narre un récit, chaque peinture nous transporte ailleurs. L’Europe, l’Amérique du Sud, l’Asie, l’Afrique et l’Océanie : on dirait que tous les continents passent devant les yeux des Niçois et de leurs hôtes. C’est seulement à partir de 16h30 que la bataille devient véritablement significative. Ainsi, les artistes attrapent des bouquets et les jettent vers les gradins. Le maire de Nice assiste au déploiement de fleurs dans les gradins. Une pluie aromatique tombe sur la foule, provoquant des hurlements, des rires et des cris de surprise. Les enfants étendent leurs bras, les parents se courbent, chacun souhaite saisir une portion de ce paysage animé.

Au cours des allées et venues, les bras s’élèvent pour cueillir les fleurs, les éclats de rire se multiplient et les personnes qui ne se connaissent pas partagent quelques paroles comme de vieilles connaissances.L’émerveillement et les sourires étaient tout aussi présents sur les chars que dans les gradins lors du spectacle.

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