Le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques 2030 dans les Alpes annonce le départ de son directeur général Cyril Linette. La décision intervient après plusieurs semaines de tensions internes et quelques minutes avant une audition d’Edgar Grospiron au Sénat. La gouvernance du projet entre dans une phase de réorganisation à moins de quatre ans de l’échéance.
Le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques 2030 dans les Alpes a officialisé ce mercredi 25 février le départ du directeur général Cyril Linette. L’annonce est intervenue quelques minutes avant l’audition d’Edgar Grospiron devant une commission sénatoriale.
Dans un communiqué, le COJOP a apporté des précisions sur ce départ attendu : « à l’occasion du bureau exécutif qui s’est tenu le dimanche 22 février 2026 à Milan, le Cojop et les parties prenantes ont pris acte du départ du directeur général du Cojop, Cyril Linette. » La publication a précédé l’audition consacrée à la crise de gouvernance traversée par l’instance.
Depuis plusieurs semaines, des tensions opposaient Edgar Grospiron et Cyril Linette. Le 11 février, les principales parties prenantes du Cojop 2030, à savoir l’État, les comités olympique et paralympique ainsi que les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, avaient « pris acte » de « désaccords insurmontables » entre les deux responsables. Cette étape ouvrait la voie à un départ rapide du directeur général.
Le communiqué diffusé mercredi rend hommage au travail accompli par Cyril Linette. Le texte indique toutefois que la décision « répond à la volonté collective de donner au Cojop un nouvel élan grâce à une gouvernance renouvelée, à un moment où, ses fondations posées, s’ouvre une nouvelle phase clé de livraison opérationnelle du projet […] La priorité collective reste la poursuite du travail engagé au service du projet. »
Une audition sous tension au Sénat
L’annonce a précédé de quelques minutes l’audition d’Edgar Grospiron par la commission de la Culture et des Sports du Sénat. La séance portait sur la situation interne du comité.
Lors de cette audition en visioconférence, Edgar Grospiron a reconnu : « les difficultés qu’on traverse doivent être regardées avec lucidité, elles ne sont pas niées. Pour les surmonter on va devoir agir avec méthode, rigueur, et le sens du collectif. »
Interrogé sur les conditions du départ de Cyril Linette, Edgar Grospiron n’a pas souhaité détailler les modalités, invoquant une « clause de confidentialité. » Une question d’un sénateur évoquant une éventuelle démission du président du Cojop a suscité une réaction immédiate. « Je suis surpris et stupéfait parce que je ne sais pas où vous avez entendu que j’aie pu émettre l’idée même de démissionner », a déclaré Edgar Grospiron, dénonçant un « feuilletonnage médiatique. »
Concernant l’avancée des dossiers, Edgar Grospiron a admis « un peu de retard » sur plusieurs volets, notamment les partenariats, la cartographie des épreuves et les sports additionnels. Le président du Cojop a toutefois assuré que « les retards qu’on a pris sur ces sujets-là n’empêchent absolument pas la livraison des Jeux. Tous les sujets avancent. »
Un « contrat de marketing joint avec le CIO » a été signé la semaine précédente. Selon Edgar Grospiron, ce contrat doit permettre la conclusion prochaine d’accords commerciaux : « on est dans une dynamique très positive. »
Une série de départs en deux mois
Le départ de Cyril Linette s’inscrit dans une séquence marquée par plusieurs retraits de cadres dirigeants. En deux mois, trois responsables ont quitté leurs fonctions. Anne Murac, directrice des opérations, a ouvert la série. Arthur Richer, directeur de la communication, a suivi. Bertrand Méheut, président du comité des rémunérations et ancien président du groupe Canal+, a également quitté ses fonctions.
Le Cojop doit désormais sécuriser les partenariats privés, finaliser l’organisation des épreuves et consolider la coordination avec les territoires hôtes. Les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes sont directement concernées par la réussite du projet.
La période qui s’ouvre doit permettre de restaurer un climat de travail apaisé. La gouvernance constitue un point de vigilance pour les autorités publiques et les partenaires sportifs.
La séquence actuelle laisse apparaître un comité sous pression. Les prochains mois devront confirmer la capacité du Cojop à stabiliser son organisation interne et à maintenir le calendrier prévu.
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