L’attribution des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 aux Alpes françaises a déclenché une mobilisation institutionnelle large. Les collectivités, l’État et les opérateurs nationaux avancent sur les infrastructures de transport, tandis qu’une feuille de route environnement structure les engagements pour un événement pensé comme un levier de transition. Le vote de la loi olympique par les députés vient compléter ce dispositif.
Les partenaires publics ont sécurisé un plan de financement inscrit au CPER, avec 532 millions d’euros dédiés à la modernisation des infrastructures routières et ferroviaires utiles à la desserte des Alpes. Ce cadrage financier a permis aux maîtres d’ouvrage du cluster de Briançon — SNCF Réseau, SNCF Gares & Connexions, SOLIDEO, services de l’État et Département des Hautes-Alpes — d’engager rapidement les études et les premières opérations.
La ligne des Alpes constitue un axe prioritaire. Les études ont été lancées sans délai et les marchés de travaux doivent suivre en 2026. Le renouvellement des rames du train de nuit Paris–Briançon fait partie des engagements. La commande d’un milliard d’euros suit son calendrier, avec une attribution prévue en septembre 2026 et un engagement des fonds en novembre, sous réserve du vote du budget de l’État.
Le Pôle d’échanges multimodal de Briançon représente un autre volet majeur. Le projet prévoit une modernisation complète de la gare et une ouverture vers le Parc des Sports grâce à une passerelle. Le comité de pilotage réuni le 14 janvier a validé les études, les aménagements extérieurs, le bâtiment voyageurs et l’ouverture de la gare sur la ville. Les partenaires mettent en avant une progression régulière des opérations. Renaud Muselier a résumé cette dynamique : « la promesse olympique est tenue. Les déclarations intempestives des grincheux, qui vivent électoralement des problèmes sans les résoudre, sont démenties par les faits. Tout le monde est au travail, c’est une mobilisation historique qui transcende les clivages et qui est maintenant renforcée par le vote de la Loi Olympique. »
Une feuille de route environnement pour structurer l’héritage
Le Gouvernement a présenté, à Briançon le 27 juin 2025, les bases d’une feuille de route environnement pour les Jeux 2030. Ce document, élaboré avec les services de l’écologie, la planification écologique, la DIJOP, le COJOP, la SOLIDEO et les Régions, vise à articuler le projet olympique avec les dispositifs nationaux de transition. L’objectif consiste à inscrire les Jeux dans une logique d’héritage durable, en cohérence avec le plan Héritage de l’État.
Le Comité stratégique réuni le 19 janvier 2026 a validé une architecture fondée sur huit enjeux : émissions, énergie, aménagement, biodiversité, alimentation, eau, « une seule santé » et économie circulaire. Les premières propositions portent sur les transports, la sobriété énergétique, la limitation de l’artificialisation, la valorisation des matériaux biosourcés, la préservation des écosystèmes, la gestion de l’eau, la prévention des pollutions et la réduction des matières consommées.
Les ministres en charge du dossier ont rappelé les ambitions. Marina Ferrari a souligné que « les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 doivent être un modèle de responsabilité. » Mathieu Lefèvre a insisté sur la volonté de ne laisser « aucun enjeu écologique de côté. » Les Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur ont mis en avant la continuité avec leurs politiques de montagne et de transition. Fabrice Pannekoucke a évoqué des Jeux « durables, respectueux de l’environnement et résolument tournés vers la montagne de demain. » Renaud Muselier a décrit un événement pensé comme « un accélérateur de la transition de nos territoires. »
Le COJOP et la SOLIDEO ont également salué la structuration apportée par cette feuille de route. Edgar Grospiron a rappelé que les travaux menés avec l’État constituent « des piliers solides pour la stratégie durabilité. » Damien Robert a mis en avant une ambition environnementale intégrée à l’ensemble des ouvrages.
La feuille de route doit encore être enrichie d’ici avril 2026 avant une consultation des instances environnementales et des territoires. Un groupe d’experts scientifiques accompagnera la mise en œuvre.
Un cadre législatif validé par les députés
Le projet de loi olympique a été adopté par l’Assemblée nationale lors d’un vote solennel. 403 députés ont voté pour, 99 contre et 18 se sont abstenus. Les groupes écologistes et LFI avaient exprimé leur opposition lors des débats de décembre. Le texte doit désormais passer en commission mixte paritaire avant une adoption définitive attendue début février.
Edgar Grospiron a rappelé l’importance de ce cadre législatif, attendu par le CIO. Marina Ferrari a détaillé les points clés : contrat hôte, droits liés aux Jeux, commercialisation des droits publicitaires, volet éthique, lutte contre le dopage, contrôle des flux financiers et dispositions d’urbanisme destinées à accélérer les procédures sans déroger au code de l’environnement.
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