À l’appel de la CGT, les agents du CHU de Nice se sont rassemblés jeudi pour dénoncer des horaires imposés, des fins de contrat massives et un management jugé autoritaire. Les syndicats réclament des négociations sérieuses avec la direction.
Deux cents personnes se sont réunies cet après-midi devant le CHU de Nice, sur le parvis de Pasteur II, pour protester contre des plannings instables, un management toxique et un manque de reconnaissance. Les syndicats alertent également sur la hausse des burn-out et des démissions.
Deux agents ont déposé plainte auprès du procureur de la République. L’un d’eux, un professeur , a pris la parole devant la foule pour expliquer qu’il venait de déposer un article 40 pour harcèlement moral et maltraitance : « j’ai déposé effectivement un article 40, et j’ai été auditionné hier par le procureur et la police judiciaire. Je veux juste qu’on retrouve une ambiance bienveillante. »
Depuis plusieurs mois, le centre hospitalier connaît un malaise important. La direction a mis en place une gouvernance polaire et des restructurations expérimentales, parfois contre l’avis des agents.
Des salariés sous pression
Le malaise touche l’ensemble du personnel : aides-soignants, infirmiers, médecins, brancardiers et cadres. « On pleure, on panique, on est déclarés en burn-out », témoigne Stéphane Gauberti, secrétaire général de la CGT. Selon lui, le management « est autoritaire, avec des pressions au travail », confirmant les plaintes déposées pour harcèlement par certains employés.
Mickael Queralh, de la CFDT Santé-Sociaux 06, souligne l’impact de ces réorganisations : « le but du jeu, c’est vraiment de déstructurer l’hôpital, de faire partir les gens et d’enlever de l’effectif. » Il pointe également le manque d’écoute de la direction : « c’est une direction qui fait semblant d’écouter mais qui n’écoute pas et déshumanise le personnel. »
Soutien politique au personnel
Des représentants politiques se sont déplacés pour soutenir les agents. Julien Picot, secrétaire départemental du PCF06 et numéro 2 sur la liste Unis pour Nice, explique : « nous sommes en soutien des salariés de l’hôpital. Il faut des agents bien payés, des conditions de travail correctes et des augmentations de salaire. Les patients sont en première ligne et doivent être soignés correctement. »
Juliette Chesnel-Le Roux, tête de liste de Unis pour Nice, ajoute : « quand les conditions de travail sont mauvaises, les malades seront mal soignés. L’hôpital fait partie de la responsabilité du maire, qui est aussi président du CHU. C’est pour cela que je suis venue ici aujourd’hui et que je me présente aux élections municipales. »
Le CHU de Nice est également confronté à des difficultés financières. L’établissement est le troisième CHU le plus endetté de France, avec environ 300 millions d’euros de déficit. La restructuration vise officiellement à améliorer l’efficience et à réduire les coûts, mais les syndicats dénoncent une méthode trop brutale.
Stéphane Gauberti estime que cette politique risque de détériorer encore plus les conditions de travail : « ce n’est pas en réduisant la masse salariale qu’on va revenir à l’équilibre. Il faut des agents pour faire fonctionner les services et accueillir correctement les patients. »
Les revendications
Le personnel demande le retrait du projet de réorganisation et l’ouverture de négociations transparentes avec la direction. Les syndicats précisent que la grève a été organisée de manière à ne pas mettre en danger les patients, avec des secteurs sensibles maintenus et des horaires ajustés pour permettre aux salariés de participer au rassemblement.
Les représentants syndicaux préviennent que si leurs demandes ne sont pas entendues, d’autres mobilisations auront lieu. Selon Stéphane Gauberti, « si demain on n’a pas l’engagement de la direction, on viendra deux fois plus nombreux et on fera pression pour que les salariés soient respectés. »
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