Ancien directeur de l’Opéra de Nice et de l’Opéra-Comique, le metteur en scène est mort à l’âge de 90 ans. Une trajectoire marquée par l’exigence artistique, la production lyrique et une influence durable sur les scènes françaises.
La mort de Pierre Médecin a été annoncée à l’âge de 90 ans. Ancien directeur de l’Opéra de Nice et de l’Opéra-Comique, Pierre Médecin dirigea ces institutions dans les années 80 et 90. De nombreuses mises en scène de grands opéras jalonnent ce parcours. La disparition concerne une figure reconnue du monde lyrique français, restée en retrait de la vie politique locale.
« La première impression, quand on ne connaît pas bien Pierre Médecin, est celle d’un clonage entre Fernandel et Charles Pasqua », écrivait Christian Merlin dans Le Figaro en 2007. Cette phrase accompagnait une évocation plus large d’un homme de théâtre lyrique marqué par une profondeur de réflexion et un lien constant avec l’opéra.
Né en 1935, Pierre Médecin fut metteur en scène. Le parcours comprend une formation à Bayreuth auprès de Wieland Wagner. Ce dernier était le petit-fils de Richard Wagner et l’arrière-petit-fils de Franz Liszt. Pierre Médecin devint l’assistant de Wieland Wagner. Cette période marque l’entrée dans une esthétique exigeante du théâtre lyrique européen.
L’Opéra de Nice, point d’ancrage d’un parcours
Pierre Médecin est entré à l’Opéra de Nice en 1959 comme conseiller artistique. L’âge était alors de 24 ans. La fonction fut exercée de 1959 à 1966. La direction de l’Opéra de Nice intervint plus tard, de 1982 à 1983. À cette période, des fondations furent posées pour une politique de production structurée. L’objectif visait une capacité à rivaliser avec les grandes maisons françaises.
La Diacosmie est associée à cette période. Pierre Médecin est à l’origine de la création de la Diacosmie, centre de production présenté comme unique. L’outil reste utilisé par l’Opéra de Nice. Cette structure concerne la conception et la fabrication des décors. L’impact se mesure dans la durée.
La trajectoire familiale inscrit Pierre Médecin dans une lignée connue à Nice. Le père, Jean Médecin, fut maire de Nice pendant 37 ans. Le frère Jacques Médecin fut maire de 1966 à 1990. Députations et fonctions ministérielles concernèrent ces deux figures. Pierre Médecin ne s’est pas fait connaître dans le domaine de la politique. La carrière se développa dans le secteur de l’art lyrique. La vie fut consacrée à la musique, à l’opéra et à l’exigence artistique.
Le maire de Nice, Christian Estrosi, a publié un hommage sur Facebook. « C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès de Pierre Médecin, à l’âge de 90 ans. Frère de Jacques Médecin, il fut une figure majeure de la vie culturelle niçoise et a durablement marqué l’histoire de notre opéra. Responsable artistique de 1959 à 1966, directeur de l’Opéra de Nice de 1982 à 1983 puis directeur de l’opéra comique de Paris de 1994 à 2000. Pierre Médecin est notamment à l’origine de la création de la Diacosmie, centre de production unique, outil structurant et visionnaire dont l’Opéra se sert encore chaque jour. Son exigence artistique, sa vision et son engagement ont contribué à faire rayonner Nice sur les grandes scènes lyriques, en France comme en Europe. À travers chaque décor conçu à la Diacosmie, chaque production et chaque note jouée par notre orchestre, son héritage demeure vivant. À sa famille, à ses proches et à l’ensemble de la communauté culturelle, j’adresse mes pensées les plus sincères. »
De Nice à Paris, une direction marquante
Pierre Médecin dirigea l’Opéra-Comique de 1994 à 2000. Cette période correspond à une sortie de crise pour l’institution parisienne. La crise suivait la scission avec l’Opéra de Paris. Une vision exigeante du répertoire et de la troupe fut affirmée. Cette direction place Pierre Médecin parmi les grands directeurs d’opéra français de la fin du XXe siècle.
Charles Ange Ginésy, président du département des Alpes-Maritimes, a également réagi : « c’est avec une grande émotion que j’apprends la disparition de Pierre Médecin, à l’âge de 90 ans, dernier d’une fratrie de quatre, Alexandre, Pierre, Jacques et Geneviève. Figure emblématique de la vie culturelle niçoise, il a durablement marqué l’histoire de notre Opéra. Responsable artistique de 1959 à 1966, directeur de l’Opéra de Nice puis de l’Opéra-Comique de Paris, il fut également le concepteur visionnaire de la Diacosmie, outil unique et toujours indispensable aujourd’hui. Par son exigence artistique et son engagement, il a contribué au rayonnement de Nice sur les grandes scènes lyriques. À sa famille, à ses proches et à l’ensemble de la communauté culturelle, j’adresse mes condoléances les plus sincères. »
Parallèlement aux fonctions de direction, la mise en scène resta centrale. Pierre Médecin continua de mettre en scène des opéras après la retraite. La Scala de Milan accueillit Pelléas et Mélisande de Claude Debussy en 2005. Arabella de Richard Strauss fut présenté en 2006 au Capitole de Toulouse. Cette même œuvre avait déjà été montée dans d’autres contextes. La continuité du travail artistique s’inscrit sur plusieurs décennies.
Un hommage est également rendu dans le blog local Le magazine du citoyen engagé. Lucie Marchese écrit à propos de Pierre Médecin : « Nice doit une part de son souffle lyrique. Et, dans le silence qui suit sa disparition, résonne encore discrètement, la musique qu’il a su défendre. »
Eric Ciotti s’est également exprimé sur ses réseaux sociaux.
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