Lors d’une conférence de presse tenue le 16 février à 16 h, Éric Ciotti a dénoncé une situation « d’une gravité inédite et exceptionnelle » après l’ouverture d’une enquête préliminaire visant des achats de masques effectués par la ville de Nice au printemps 2020. Entouré de la conseillère municipale Gaëlle Frontoni, il a réclamé une plainte de la mairie et la publication de l’ensemble des documents liés à ces marchés publics.
La conférence débute par une clarification solennelle. « Mesdames et Messieurs, je vous remercie grandement pour votre présence », a déclaré Éric Ciotti, en ajoutant avoir différé son arrivée afin de rendre « un hommage aux victimes qui ont perdu la vie en servant dans la gendarmerie ».
Promptement, le ton devient plus sévère. L’élu a indiqué avoir réuni les journalistes « quelque peu en urgence », faisant référence à « l’actualité judiciaire touchant l’hôtel de ville ». D’après lui, la situation confronte la municipalité à une gravité sans précédent et hors du commun. Au centre de la controverse : une enquête a été lancée le 13 février par le procureur de la République de Nice, suite à des allégations de favoritisme et de corruption liées à l’acquisition de produits sanitaires durant la crise du Covid.
Monsieur Ciotti fait référence aux informations relayées par les médias : « Au printemps 2020, en plein pic de la crise sanitaire, la ville de Nice a acquis 750 000 masques FFP2 par l’intermédiaire d’un tiers », pour une somme estimée à « plus d’un million cent mille euros ».
En utilisant le conditionnel, il souligne la gravité des accusations : « Si ces faits se confirmaient, nous ferions face à un scandale d’une exceptionnelle gravité. Un scandale financier, un scandale de santé, un scandale politique. » Selon lui, le début de l’enquête indique que « des preuves tangibles doivent être examinées ».
Au cours de son discours, Éric Ciotti fait mention de présomptions d’intervention d’un ancien assistant du maire dans le but de favoriser un proche lors de l’attribution d’un contrat. Il qualifie ces faits d’« extrême gravité », mais également de « moralement honteux ».
« On ne cherche pas à faire fortune en plein milieu d’une crise qui a semé la terreur dans notre pays », dit-il, évoquant le contexte de santé et de détresse humaine de l’époque.
Le candidat vise également la communication municipale de cette période, faisant référence à « une image du maire de Nice à côté d’un avion sur le tarmac », symbole selon lui d’une administration contestable. Avec une teinte plus politique, il critique « Estrosi et sa comédia Del Arte », exprimant son désir de « devenir maire de Nice et instaurer la vérité et la transparence ».
Éric Ciotti formule deux demandes précises. D’abord, « un dépôt de plainte avec constitution de partie civile de la part de la ville de Nice ». Selon lui, si les faits sont avérés, « la ville aurait subi un très lourd préjudice » et doit agir au nom des contribuables. Ensuite, il réclame « la totale transparence » : publication des bons de commande, contrats, factures et justificatifs liés aux procédures d’urgence pendant la crise sanitaire. Il demande également que soient produits les documents attestant « de l’absence de conflits d’intérêts ». Une lettre officielle, remise par Gaëlle Frontoni au maire de Nice, vise à obtenir ces documents.
Un argument électoral à un mois du scrutin
À quelques semaines de la première étape, monsieur Ciotti aborde la question sous l’angle politique et citoyen. « La mairie ne peut, en aucune circonstance, être accusée de manque de transparence sans éveiller le soupçon », déclare-t-il, faisant référence aux questionnements des Niçois : « Y a-t-il eu des profiteurs pendant la pandémie ? » ou encore « La santé des résidents a-t-elle été compromise ? ».
Il prétend que, d’après les médias, les masques auraient été acquis « à des coûts exorbitants », ce qui aurait permis « d’obtenir deux à trois fois plus de masques » dans un contexte normal. Pour conclure, le candidat plaide pour un « grand exercice de transparence » et se positionne en tant que protecteur de la « salubrité publique ». Sa conclusion est nette : « Nul n’a le droit de compromettre sans conséquence la santé des Niçois. Nous ne le laisserons pas se produire. »
Une conférence de presse proactive, qui représente une avancée dans la lutte politique locale et met désormais la question juridique au cœur des discussions municipales.
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