Déjà maire de Nice et figure centrale du conseil départemental, Éric Ciotti étend son influence en accédant à la présidence de la Métropole Nice-Côte d’Azur. Une élection sans surprise, marquée par un discours axé sur le rassemblement et la gestion budgétaire.
Ce jeudi 9 avril 2026, le conseil métropolitain réuni au Centre universitaire méditerranéen de Nice a élu Éric Ciotti à la présidence de la Métropole Nice-Côte d’Azur. Seul candidat au poste, le maire de Nice a obtenu 108 voix sur 132 élus présents, sur un total de 133 conseillers. Une seule absence a été relevée, celle de Christian Estrosi. Sept bulletins blancs ont été comptabilisés.
L’issue du vote ne faisait guère de doute. Éric Ciotti était le seul candidat en lice. Le président de l’Union des droites pour la République (UDR) disposait déjà d’un socle solide, constitué notamment de 49 élus issus de sa liste municipale niçoise, auxquels s’ajoutent des soutiens venus d’autres communes. Le scrutin s’est déroulé rapidement, sous les commentaires ironiques d’une spectatrice face à la répétition du nom du candidat lors du dépouillement.
À 60 ans, Éric Ciotti consolide une position déjà dominante dans le paysage politique local. L’élection municipale du 22 mars, remportée avec 48,54 % des voix, avait marqué un tournant en mettant fin à plusieurs années de gouvernance de Christian Estrosi à Nice. La présidence de la Métropole vient prolonger cette dynamique.
Un discours tourné vers le rassemblement et la gestion
Dès la proclamation des résultats, Éric Ciotti s’est adressé aux élus des 51 communes qui composent la Métropole. Le ton adopté a insisté sur l’unité et la responsabilité collective. « Nous rassembler pour travailler ensemble » ont été les premiers mots prononcés.
Dans une allocution dense, le nouveau président a déclaré : « je veux remercier chacune et chacun du fond du cœur. Merci pour avoir porté ce soutien, pour avoir exprimé ce vote. » Le nouveau président de la Métropole Nice Côte d’Azur a souligné la pluralité de ses colistiers : « vous représentez ici des sensibilités différentes, des territoires différents, des convictions différentes […] Cette richesse faite de l’addition de nos bases a forgé, quelque part, notre caractère et notre âme. Et nous impose aujourd’hui, plus d’ailleurs peut-être, de nous rassembler pour travailler ensemble. »
Le discours a également évoqué la dimension institutionnelle du rôle. « Cette élection m’honore et m’oblige », a ajouté Éric Ciotti, évoquant une « émotion sincère » mêlée à un « sentiment de gravité », face à plusieurs éléments.
Le premier d’entre eux : la question budgétaire. Le nouveau président a évoqué une dette qui « atteindra deux milliards et demi d’euros en 2026. » Face à ce constat, plusieurs annonces ont été formulées. Un audit indépendant doit être lancé afin d’établir un état précis des comptes. Une réduction des indemnités des élus d’un tiers a aussi été annoncée, avec un objectif d’économie de cinq millions d’euros à l’échelle du mandat.
Le discours a insisté sur une ligne de conduite marquée par le « sérieux budgétaire. » Les « querelles » et les « projets de prestige » ont été présentés comme appartenant au passé. Des références implicites à la gestion précédente ont ponctué l’intervention, notamment autour de projets controversés.
Une nouvelle organisation politique en préparation
Au-delà des orientations financières, Éric Ciotti a esquissé les contours de la future gouvernance. Les postes de vice-présidents devraient revenir aux représentants des cinq « principales » communes de la Métropole : Cagnes-sur-Mer, Saint-Laurent-du-Var, Vence, Carros et La Trinité. Cette répartition a été annoncée « en connaissance des désaccords parfois profonds. »
Durant la campagne, deux noms avaient déjà été avancés pour des fonctions spécifiques : Pierre Ippolito pour la gouvernance et Jean-Marc Governatori pour l’autonomie alimentaire territoriale. Ces choix traduisent une volonté d’ouverture à différents profils politiques.
La Métropole Nice-Côte d’Azur, créée en 2012, regroupe 51 communes et environ un demi-million d’habitants. Le territoire s’étend des zones littorales jusqu’aux stations de montagne comme Isola 2000. Cette diversité territoriale a été évoquée comme un élément structurant du mandat à venir.
Parmi les orientations évoquées figure également une révision de certains projets d’infrastructures. Le projet de ligne de tramway entre Nice et Cagnes-sur-Mer sera abandonné au profit de lignes de bus à haut niveau de service, jugées moins coûteuses et plus rapides à mettre en œuvre. Une abrogation déjà confirmée par le nouveau maire RN de Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson.
Cette élection marque une nouvelle étape dans la recomposition politique locale. Avec la prise de la Métropole, Éric Ciotti concentre désormais plusieurs leviers institutionnels majeurs. Le départ annoncé de Christian Estrosi de la vie politique niçoise renforce ce changement d’équilibre dans un groupe historiquement majoritaire, désormais dépourvu de tout pouvoir décisionnaire.
Le début de mandat s’ouvre donc dans un contexte de transition. Les premières décisions attendues porteront sur les finances et l’organisation interne. Les relations entre les différentes communes et sensibilités politiques constitueront un autre enjeu central dans les mois à venir.
NicePremium est un média local indépendant et gratuit.
Pour nous aider à continuer, vous pouvez soutenir notre travail à partir de 5 € par mois.
