Le second tour des élections municipales à Nice a confirmé un basculement amorcé dès le premier tour et la liste conduite par Eric Ciotti arrive en tête avec 48,54 % des suffrages exprimés tandis que Christian Estrosi recueille 37,20 % et que Juliette Chesnel-Le Roux obtient 14,26 %, ce qui entraîne des réactions nombreuses dans le paysage politique local.
Le dépouillement complet des bureaux de vote a confirmé une évolution déjà visible au premier tour et la liste Le meilleur est à venir d’Eric Ciotti qui a totalisé 61 009 voix, ce qui correspond à 48,54 % des suffrages exprimés alors que la liste Tous pour Nice conduite par Christian Estrosi atteint 46 753 voix, soit 37,20 %, et que la liste Unis pour Nice menée par Juliette Chesnel-Le Roux recueille 17 926 voix, soit 14,26 %, ce qui place cette dernière en troisième position avec un écart notable.
Ce résultat confirme une dynamique installée dès le premier tour et l’écart entre les deux premières listes dépasse 11 points, ce qui modifie l’équilibre politique local et ouvre une nouvelle séquence à Nice.
Des réactions politiques qui illustrent des lignes de fracture
Les réactions qui suivent l’annonce des résultats traduisent des interprétations différentes et Hélène Granouillac, membre d’Ecolocratie XXI, exprime une inquiétude liée au contexte national et local tout en rappelant des principes politiques fondamentaux :
« Dans un contexte marqué par la progression préoccupante des extrêmes, notamment de l’extrême-droite dans notre pays, nous notons avec une circonspection inquiète la victoire de la liste conduite par Eric Ciotti à Nice et rappelons avec force que les valeurs de solidarité, de justice sociale, de respect de toutes et tous constituent encore et toujours le socle indispensable de notre engagement citoyen. »
Cette réaction évoque aussi le recul des forces écologistes et souligne un score jugé insuffisant pour convaincre, ce qui conduit à annoncer une vigilance pour la suite du mandat municipal.
À l’inverse, Jean-Marc Governatori salue une victoire politique et insiste sur une recomposition à l’œuvre en déclarant : « nous voulons d’abord féliciter les Niçoises et les Niçois pour leur conscience, ils ont libéré Nice de la chape estrosiste. Ils ont aussi prouvé à la France que l’association de la droite qui réfléchit et qui agit, avec l’écologie politique qui sait et qui explique, est la formule gagnante pour tout le monde. »
Cette prise de position met en avant une alliance politique présentée comme efficace et insiste sur une lecture nationale du scrutin niçois.
Dans le même temps, Renaud Muselier exprime un regret face à la défaite de Christian Estrosi et souligne le rôle des divisions internes en déclarant : « je regrette la défaite de Christian Estrosi. Dans ce territoire très spécifique, le combat des frères ennemis a été défavorable pour le sortant. » Cette analyse met en lumière un affrontement entre figures issues d’un même camp et souligne les conséquences de cette confrontation sur l’issue du vote.
De son côté Charles Ange Ginésy a salué le résultat obtenu par celui qui était son responsable des finances au département des Alpes-Maritimes : « quelle campagne, quelle brillante élection à la tête de la ville de Nice Les Niçoises et les Niçois ont choisi ce soir de te faire confiance. Je sais déjà que tu en seras digne. Ta franchise, ton attachement à cette ville, à son histoire, ont fait la différence. »
Une gauche qui analyse le scrutin et annonce une résistance
Du côté de la liste Unis Pour Nice arrivée en troisième position, les réactions s’inscrivent dans une analyse politique plus large et Julien Picot évoque un moment politique important tout en appelant à une lecture nuancée du vote : « le second tour des élections municipales à Nice marque un tournant politique grave. Nous devons être lucides : le rejet du « clan Estrosi » exprimé par une partie importante des Niçoises et Niçois ne doit en aucun cas être réduit à une adhésion massive à l’extrême droite. »
Dans sa déclaration le responsable de l’antenne du PCF 06 insiste sur la diversité des motivations des électeurs et développe une critique globale de la droite locale tout en affirmant une volonté de poursuivre l’engagement politique au conseil municipal avec quatre élus, ce qui permet de maintenir une présence institutionnelle.
La question des résultats est également abordée à travers l’écart de 18 voix pour un siège supplémentaire, ce qui est présenté comme un élément à analyser pour construire une stratégie future.
De son côté, Juliette Chesnel-Le Roux propose une lecture directe du scrutin et met en cause la gestion précédente en déclarant : « c’est un jour sombre pour Nice et la France. Le résultat des élections est la conséquence d’années, de décennies de compromissions. C’est le résultat des politique de Christian Estrosi : sous ses mandats, l’extrême droite n’a cessé de progresser. »
Cette prise de parole développe aussi une analyse des reports de voix et conteste l’idée selon laquelle le maintien de la liste au second tour aurait influencé l’issue finale, tout en affirmant une volonté de poursuivre le travail politique au sein du conseil municipal.
Au lendemain de l’élection, Nice entre dans une nouvelle phase politique et la victoire d’Éric Ciotti s’accompagne de réactions contrastées qui traduisent des lectures opposées du scrutin, ce qui laisse apparaître un paysage politique fragmenté et annonce des débats à venir au sein du conseil municipal ainsi que dans la vie publique locale.
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