Croisières et réutilisation des eaux usées traitées : le préfet apporte des précisions

Après la cérémonie de vœux de David Lisnard, l’État détaille le cadre départemental sur les croisières et précise sa position sur la réutilisation des eaux usées traitées

Laurent Hottiaux a assisté à la cérémonie de vœux du maire de Cannes, David Lisnard. Le préfet souligne la qualité des relations entre les services de l’État et ceux de la ville de Cannes. Deux sujets évoqués par le maire appellent toutefois des éclaircissements. Le premier concerne la régulation des navires de croisière. Le maire a regretté que l’État ne lui permette pas d’appliquer une réglementation plus restrictive. Le préfet rappelle que la compétence réglementaire relève de l’État et qu’un cadre départemental existe déjà.

Un arrêté inter‑préfectoral a été signé le 9 décembre 2025 avec le préfet maritime de la Méditerranée. Ce texte encadre l’accueil des navires dans les Alpes‑Maritimes. Il vise à concilier la protection de l’environnement, la santé publique, la tranquillité des habitants et les enjeux économiques et touristiques. Le préfet insiste sur le caractère concerté de cette régulation, élaborée avec les acteurs concernés. Le département bénéficie ainsi d’un dispositif commun à l’ensemble des ports, ce qui constitue un cadre homogène pour les compagnies et les collectivités.

L’arrêté fixe plusieurs limites. La moyenne annuelle autorisée est de 2 000 passagers débarqués par jour d’escale. Un plafond ponctuel de 3 000 passagers simultanés s’applique, dans le respect de cette moyenne. Le nombre de navires est également encadré. Un seul navire peut débarquer dans une même zone de mouillage ou d’arrêt lorsqu’il transporte plus de 1 300 passagers. Durant l’été, entre le 1er juillet et le 31 août, la limite est fixée à quinze navires par mois et par zone pour les unités de cette capacité.

Le préfet souligne que ce cadre est plus restrictif que l’initiative municipale prise par le maire de Cannes, qui autorise jusqu’à 6 000 passagers par jour. Cet avenant fait l’objet d’un déféré préfectoral devant le tribunal administratif. Le représentant de l’État rappelle que la régulation départementale renforce l’application de la charte « croisière durable en Méditerranée », signée en juin 2025 par Philippe Tabarot et le ministre monégasque en charge des Transports. Plusieurs compagnies opérant sur le littoral y adhèrent déjà.

La REUT, un outil soutenu mais encadré par l’État

Le second point concerne la réutilisation des eaux usées traitées. Le maire estime que l’État ne considère pas cette solution comme une ressource pertinente et privilégie des restrictions globales. Le préfet rappelle que la gestion de l’eau constitue une priorité nationale depuis 2023, dans un contexte de changement climatique désormais établi. La REUT fait partie des mesures soutenues par l’État. Plusieurs communes du département l’utilisent déjà pour le lavage des voiries, l’arrosage d’espaces verts ou le nettoyage de bateaux. D’autres projets sont en cours d’instruction.

La REUT contribue à réduire les tensions sur la ressource. Elle ne peut toutefois devenir l’unique réponse dans un territoire où les débits des cours d’eau devraient diminuer d’environ 20 % dans les prochaines années. Le préfet rappelle que le département connaît des restrictions même en automne. L’usage de la REUT reste soumis à autorisation préfectorale afin de garantir le respect des normes environnementales et sanitaires. Cette procédure vise à sécuriser les usages et à éviter des risques pour les milieux naturels ou les activités sensibles.

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