Christian Estrosi dévoile son projet de verdissement pour le prochain mandat

Déjà engagée depuis plus de quinze ans dans une transformation écologique d’ampleur, la Ville de Nice entend passer à la vitesse supérieure. Lors d’une présentation très attendue, Christian Estrosi a détaillé sa vision pour le prochain mandat : accélérer le verdissement, lutter contre les îlots de chaleur et adapter durablement la ville au défi climatique. Un projet structuré, massif, et revendiqué comme une continuité assumée.

« Actuellement, nous sommes confrontés à une réalité : l’alerte rouge est en vigueur ». Dès le départ, Christian Estrosi fixe le cadre. Le changement climatique n’est plus une théorie éloignée, mais une réalité tangible à laquelle les cités méditerranéennes sont spécialement sensibles.
D’après le maire de Nice, l’intuition de 2008 a maintenant été validée par les événements : « Les événements nous ont donné raison ».
Nice adopte une stratégie plus vaste par rapport à d’autres grandes villes françaises. Depuis l’année 2020, un total de 280 000 arbres a été mis en terre, ce qui porte le nombre total d’arbres à 360 000. L’augmentation de la couverture végétale de 14 % à 33 % en cinq ans, validée par une entité indépendante, témoigne de l’évolution réussie. « C’est d’une grande ampleur, et c’est ce qui nous positionne en 2026 comme la première ville écologique de France », déclare-t-il.

Le Grand Parc de la Plaine du Var, qui constitue le centre du projet, représente l’objectif du futur mandat. Au final, 70 hectares seront réservés à la nature, dans un endroit que Christian Estrosi n’hésite pas à mettre en parallèle avec d’importantes références mondiales : « En termes de configuration, c’est un peu comme Hyde Park à Londres et Central Park à New York ».
Conçu comme un parc animé, il incorporera la biodiversité, l’agriculture citadine, les jardins d’enseignement, les zones sportives et les sentiers de promenade, tout en tenant compte des exigences en matière de logements et de transports. « J’exige qu’on me juge sur les actions », souligne le maire, mettant en avant que le projet figure déjà dans les plans d’urbanisme. Sa candidature vise également à assurer la pérennité de ce programme : « L’objectif est d’éviter que ce programme soit interrompu ». Un autre point fort : le rétrécissement des trames vertes en centre-ville. Après avoir déjà parcouru six kilomètres, on prévoit encore 40 kilomètres à réaliser au cours des six prochaines années. Parmi les priorités, on retrouve Gioffredo, l’Hôtel des Postes, Verdi et Dubouchage.
Cependant, le verdissement ne se limite pas aux arbres. La ville mettra en œuvre un plan de lutte contre la chaleur, basé sur une idée simple : « L’ombre demeure le meilleur remède à la chaleur ».
Les rues anti-canicule, équipées de voiles d’ombrage, de fontaines brumisantes, de sols perméables et d’arbres à feuillage abondant, assureront une connexion entre écoles, crèches, hôpitaux et transports pour sauvegarder les résidents durant les périodes de chaleur intense.

Les projets de verdissement pour la ville de Nice du maire, Christian Estrosi
Photo : Maïlys Le Deunff

Une vision de long terme assumée

Christian Estrosi souhaite également associer directement les résidents au projet de « ville aux dix mille jardins ». Évaluation des surfaces de construction, des balcons, des toits : chaque espace privé est considéré comme un atout dans la lutte contre les îlots de chaleur.
« Chaque cour, chaque balcon, chaque toiture peut se transformer en un coin de fraîcheur », met-il en exergue.
« Par le biais de subventions, d’un concours de verdissement des copropriétés et du projet « Nice Ville Verte », nous serons en mesure de soutenir les actions citoyennes, en privilégiant des espèces plantées adaptées au climat méditerranéen, et une stratégie d’arrosage raisonnée. » Le projet englobe aussi l’aménagement de zones pour chiens, la rénovation des parcs des Cèdres et du Vinaigrier, ainsi qu’un ambitieux programme de sécurisation et de prévention des incendies dans les massifs aux alentours, soutenu par des technologies de veille grâce à l’intelligence artificielle.
Un autre site emblématique, le parc Phoenix, sera l’objet d’un investissement de 25 millions d’euros pour se transformer en Cité des sciences et de la nature, tout en préservant son essence : « L’entrée du parc demeurera gratuite afin d’assurer un accès à un large public ».

Christian Estrosi affirme la cohérence de son action : « Nous avons établi une ligne directrice. Nous ne l’avons jamais abandonnée ».
Selon lui, la transition écologique est une démarche à long terme qui ne peut se concilier avec des changements brusques .
Avec un investissement de plus de 20 millions d’euros par an, la municipalité prévoit de continuer cette mutation progressive. Ambition déclarée : transformer Nice en une ville « plus fraîche, plus respirable, plus vivable », apte à défendre ses résidents contre les enjeux climatiques futurs.

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