Départ à 14 heures précises, avenue Jean-Médecin. Gratuit et ouvert à tous, le grand défilé carnavalesque « Carnavalina » a rassemblé familles, Niçois et visiteurs venus célébrer l’ouverture du carnaval. Entre chars festifs, messages engagés et ambiance populaire, la parade a traversé la ville jusqu’à la Promenade et au Théâtre de Verdure, transformant le centre de Nice en une scène vivante et colorée.
Il est exactement 14 heures. Sur l’avenue Jean-Médecin, un souffle suspendu se fait ressentir chez la foule. Le nombre augmente, les voix se confondent, puis une pétarade retentit : la grande parade débute sous une pluie de cris et d’applaudissements. À l’instar du coup d’envoi d’un match, un aigle est libéré dans le ciel pour marquer de manière symbolique le commencement du défilé. Le coup d’envoi est lancé, la célébration peut débuter.
Rapidement, le flux de personnes s’étend du centre-ville à la Promenade, en route vers le Théâtre de Verdure. Des familles, des amis et des visiteurs se massent contre les clôtures, dans l’attente impatiente. Les fonctionnaires municipaux supervisent la parade : quelques frictions surgissent quand certains spectateurs essaient de franchir les barrières, mais l’atmosphère demeure généralement amicale.
Les chars progressent doucement, entraînés par le son de la musique et les ovations du public. Chars associatifs, danseuses niçoises, figures festives comme Marianne : le cortège mélange tradition et créativité. Une immense holà traverse même la foule, lançée spontanément par les spectateurs. Au cours de l’évolution, certains messages captent l’attention. Des slogans comme « Les reines se rebellent » sont visibles sur les chars, ornés de drapeaux LGBT et de pancartes au message satirique : « Le peuple réclame du pain », « Qu’ils mangent de la brick », ou bien encore « Révolution sucrée menée par les apprentis ». Des clins d’œil qui soulignent que le carnaval est souvent un mélange de festivités, d’humour et d’expression collective.

La célébration vécue par les Niçois
Nadia, Niçoise, se délecte de chaque moment du défilé parmi les spectateurs. Positionnée le long de l’avenue Jean-Médecin, elle observe les chars défiler avec un grand sourire « Aujourd’hui, je suis témoin du lancement du carnaval. Tous les Niçois, ainsi que les participants au carnaval et les touristes qui viennent spécialement pour l’événement, sont très heureux. Le carnaval de Nice jouit d’une grande renommée internationale », confie-t-elle, portée par l’esprit communautaire. Selon elle, l’événement demeure une occasion de partage et de fierté locale. Elle se concentre sur la Reine, habillée de rose, qui navigue à travers la foule sous un déluge de confettis : « Cette année, elle est réellement magnifique. Ils valorisent les femmes, et nous en sommes ravies. »
Un peu plus loin, Frédérique accompagne ses deux petites filles, Lou et Mila, qui se mettent sur la pointe des pieds pour mieux voir les danseurs. Les enfants, les yeux pétillants, répondent à chaque morceau de musique, captivés par les costumes et les personnages. « C’est génial, ça fait une différence. Pour des petites filles, des princesses, c’est parfait ». Elle raconte avoir essayé une sortie au Charivari quelques jours avant, mais l’affluence était telle qu’elle n’a pas pu en jouir pleinement.
Ici, l’atmosphère lui paraît plus plaisante, plus naturelle, presque comme une famille. Quand la question d’une dimension plus politique du carnaval est évoquée, Frédérique nuance immédiatement : « Moi, le carnaval, c’est festif. C’est pour les enfants, pour les grands, pour tout le monde. Pour moi, c’est apolitique. » Autour d’elle, les rires d’enfants, les applaudissements et la musique couvrent peu à peu les discussions, rappelant que, pour beaucoup, la parade reste avant tout un espace de célébration et de joie partagée.
Au fur et à mesure que le défilé progresse vers la Promenade, des confettis volent dans l’air et des rythmes entraînants résonnent au sein de la foule. Le Carnavalina métamorphose le centre-ville de Nice en une vaste scène théâtrale en plein air où se rencontrent diverses générations et cultures.
Durant un après-midi, la ville progresse à l’unisson, portée par un désir commun : fêter ensemble.
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