Samedi 28 février à 22h30, au niveau de l’Opéra Plage, sur la mythique Promenade des Anglais, les Niçoises et les Niçois se sont rassemblés pour assister à l’incinération du souverain carnavalesque, ultime rituel du Carnaval de Nice.
À Nice, le Carnaval ne se termine pas, il se transmet. Et samedi soir, c’est toute l’âme niçoise qui s’est retrouvée face la mer pour honorer l’une de ses plus anciennes traditions : l’incinération de sa majesté le roi (consort)!

Plus qu’un spectacle, c’est une tradition profondément ancrée dans l’histoire locale. Depuis plus de 150 ans, génération après génération, les familles niçoises viennent assister à ce moment symbolique où le Roi part en fumée, emportant avec lui les excès et les folies de l’hiver.

Une Reine au pouvoir… un Roi au feu!
Cette année, le thème « Vive la Reine » mettait à l’honneur la figure féminine. Oui, la Reine était bien la souveraine de cette édition 2026. Mais à Nice, on ne déroge pas à la règle : c’est le Roi, que l’on brûle, même « consort »!

A Nice, on peut moderniser, on peut adapter… mais on ne rompt pas avec la tradition ! Et pour la première fois dans l’histoire du Carnaval niçois, ce n’est pas un Roi régnant qui a été incinéré… mais un Roi consort. Une première en plus de 150 ans d’existence. Une évolution symbolique forte, mais toujours dans le respect du rituel immuable.
Un rite populaire face la mer
Lorsque le roi s’embrase, le silence règne, presque solennel qui a précédé les applaudissements.
Ce moment appartient aux Niçois et au monde. Il n’est pas seulement touristique. Il est identitaire. Il est transmis par les anciens, attendu par les enfants, raconté comme un souvenir d’enfance que l’on revit chaque année. Qu’on soit d’ici où d’ailleurs !
Venues en voisins, en famille, entre amis, entre inconnus, ou tout simplement entre niçois comme ils le font depuis toujou… (ndlr : toujours en niçois).
Avé les flammes qui se reflètent sur la Méditerranée, en attendant lan que vé! (ndlr : l’année prochaine) éclairant les visages des habitants, et bientôt les lances des pompiers entre en action!

Le feu d’artifice qui a suivi a illuminé la baie des Anges, aidé des milliers de téléphones, en se renvoyant la balle vers les étoiles!

Offrant un final éclatant à plusieurs semaines de fête. Où les couleurs se mêlaient aux embruns, les « oh » et les « ah » montaient de la Promenade des anglais, et l’on sentait dans l’air cette « fierté discrète » propre aux Niçois : celle de faire vivre une tradition unique !

A Nice, le Roi peut changer, la Reine peut régner, les thèmes peuvent évoluer… mais tant que les flammes s’élèveront face la mer, l’esprit du Carnaval restera profondément niçois, fidèle à son histoire, à sa ville et à son peuple. Et comme le dit si bien l’hymne Niçois : Viva ! Viva ! Nissa La Bella !

Nissa La Bella
Couplet n°1
O la miéu bella Nissa, Regina de li flou
Ô ma belle Nice, Reine des fleurs,
Li tiéu vielhi taulissa, iéu canterai toujou.
Tes vieilles toitures, je chanterai toujours.
Canterai li mountagna, lou tiéu tant ric decor
Je chanterai les montagnes, ton décor si riche,
Li tiéu verdi campagna, lou tiéu gran soulèu d’or
Tes vertes campagnes, ton grand soleil d’or.
Refrain
Toujou iéu canterai, souta li tiéu tounella
Toujours je chanterai, sous tes tonnelles
La tiéu mar d’azur, lou tiéu cièl pur
Ta mer d’azur, ton ciel pur,
E toujou criderai, en la miéu ritournella
Et toujours je crierai, dans ma ritournelle
Viva, viva, Nissa la Bella
Vive, vive Nice la Belle !
Couplet n°2
Canti la capelina, la rosa e lou lilà
Je chante la capeline, la rose, le lilas,
Lou Pouòrt e la Marina, Paioun, Mascouinà !
Le Port et la Marine, le Paillon, la rue Mascouinà !
Canti la soufieta, doun naisson li cansoun
Je chante la mansarde où naissent les chansons,
Lou fus, la coulougneta, la miéu bella Nanoun
Le fuseau, la quenouille, ma belle Nanon.
Couplet n°3
Canti li nouòstri glòria, l’antic e bèu calèn
Je chante nos gloires, l’antique et belle lampe à huile,
Dóu dounjoun li vitòria, l’óudou dóu tiéu printemp !
Les victoires du donjon, l’odeur de ton printemps !
Canti lou vielh Sincaire, lou tiéu blanc drapèu
Je chante le vieux Sincaire, ton blanc drapeau,
Pi lou brès de ma maire, dóu mounde lou plus bèu
Puis le berceau de ma mère, du monde le plus beau.

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