Carnaval de Nice 2026 : « Vive la Reine », un Carnaval accessible à tous

Au Carnaval de Nice 2026, l’inclusion n’est pas un simple engagement symbolique. Elle se vit concrètement. Quatre étudiants ont prêté leurs voix à des spectateurs mal ou non-voyants, au cœur d’un dispositif qui a permis à près d’une centaine de bénéficiaires de participer pleinement aux festivités sur deux jours.

Après le dispositif de sécurité, le dispositif d’inclusivité ! Au coeur du Carnaval, sur la place Masséna, un espace dédié accueille les personnes en situation de handicap. Équipés de casques audio, les bénéficiaires reçoivent une audiodescription en direct depuis une cabine en hauteur dominant le corso illuminé.

Ce soir, pour le corso illuminé, près d’une cinquantaine de bénéficiaires, personnes mal et non-voyantes et leurs accompagnateurs, profitent du dispositif. Demain, pour la bataille de fleurs, ils seront à nouveau environ cinquante. Au total, ce sont donc près de 100 participants sur deux jours qui bénéficieront de cette initiative inclusive pour cette édition Vive la Reine 2026.

À la coordination, Stéphanie, référente RSE, veille au bon déroulement. Sensibilisée personnellement à la question du handicap, elle insiste : « il faut que chacun puisse vivre le Carnaval, quel que soit son handicap. »

Quatre étudiants, quatre voix

Pour faire vivre l’événement, quatre étudiants de l’ISCOM assurent l’audiodescription en direct.

Hugo, 19 ans
« L’inclusion, c’est quelque chose qui me tient énormément à cœur. Je suis très fier de participer à ça. »

Ambre, 18 ans
« Dans beaucoup de festivals, il devrait y avoir plus d’inclusivité. »
Elle décrit les chars, les costumes, l’énergie de la foule.

Charlotte, 18 ans
« On va être les yeux de ceux qui ne peuvent pas voir. »
Micro en main, elle transmet gestes, expressions et ambiance.

Ishaq, 26 ans, étudiant en 5e année et coordinateur
« Décrire les chars, c’est une chose. Mais il faut aussi raconter les levées de bras, les holas, les ambianceurs. La transmission de l’information, c’est le cœur de notre métier. »

Quatre bénéficiaires, quatre vues

Parmi la cinquantaine de bénéficiaires présents ce soir, quatre témoignages illustrent la portée du dispositif.

Jérémy, 38 ans, aveugle
« Quand on ne voit pas, on entend les applaudissements sans toujours comprendre pourquoi. Là, on a les explications. On applaudit nous aussi. »
Malgré la superposition sonore, il conclut : « Je leur fais une confiance aveugle. »

Laurie-Anne, 30 ans, malvoyante
« On peut profiter de l’ambiance tout en écoutant la description des décors et des costumes. C’est de la qualité. »

Bertrand, 65 ans, malvoyant
« Ils nous prêtent leurs yeux. Plein de détails que même des voyants n’ont pas vus. Ils nous les ont fait vivre. »
Il sourit : « Souvent l’élève dépasse le maître. Et ce soir, ils nous ont dépassés de loin. »

Lorenzo, 12 ans, malvoyant, venu avec sa mère Florence.
Déguisé en personnage de One Piece, il s’enthousiasme : « Oui, ça me plaît ! »
Le casque est parfois un peu lourd, la musique un peu forte, mais l’essentiel est là : il comprend, il rit, il applaudit au bon moment. Sa mère l’observe participer pleinement à la fête.

Bien plus qu’un dispositif

Ce n’est pas seulement une question de casques, de micros ou de logistique. Ce soir, sur la place Masséna, il s’est joué quelque chose de plus profond. Quatre étudiants ont prêté leurs voix. Près de cinquante bénéficiaires leur ont confié leurs oreilles — et leur confiance. Demain, ils seront encore une cinquantaine à vivre la bataille de fleurs autrement.

Entre les descriptions des chars, les levées de bras racontées, les costumes détaillés, les applaudissements expliqués, un lien invisible s’est tissé. Les étudiants ne se contentent pas de décrire : ils transmettent une émotion. Les bénéficiaires ne se contentent pas d’écouter : ils participent, réagissent, applaudissent au bon moment, rient avec la foule.

L’inclusion prend alors une dimension concrète. Elle ne relève plus d’un engagement institutionnel, mais d’une relation humaine directe. Où dans le brouhaha des fanfares et sous les lumières du corso illuminé, le Carnaval de Nice 2026 prouve qu’un événement populaire peut être à la fois spectaculaire solidaire. Une troisième édition, bien partit pour une quatrième?

Qu’ils soient mal-voyants ou non-voyants, chacun a pu voir le Carnaval autrement. Et ce soir, et demain la vraie Reine, c’est l’inclusion!

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