Bryan Masson acte l’abandon de la T4 du tramway entre Cagnes-sur-Mer et Nice

Le nouveau maire de Cagnes-sur-Mer a annoncé la fin du projet de tramway T4 entre Nice et sa commune. La municipalité a choisi de réorienter la politique de mobilité vers un réseau de bus renforcé et une requalification des axes structurants. Les débats autour des déplacements et des liens avec Nice se sont intensifiés dans un contexte politique profondément modifié depuis les municipales de 2026.

L’élection de Bryan Masson à Cagnes-sur-Mer a marqué un tournant dans le dossier de la ligne T4 du tramway. Le projet devait relier Nice à Cagnes-sur-Mer pour un investissement estimé à 320 millions d’euros. Une déclaration d’utilité publique avait été déposée et des travaux préparatoires avaient été engagés. Le chantier principal n’avait toutefois pas démarré.

Dès son arrivée à la mairie, Bryan Masson a confirmé l’abandon du projet. La nouvelle équipe municipale a choisi une autre orientation. Le recours à un bus à haut niveau de service est devenu la priorité. Durant une interview, le maire a expliqué : « on va installer un bus à haut niveau de service, c’est à dire un bus en site propre. » Cette annonce a acté la rupture avec les choix portés par la précédente majorité métropolitaine.

Aucune nouvelle consultation n’a été envisagée. « Non, je pense qu’il n’y a pas besoin de nouvelle consultation, de nouveau référendum », a déclaré Bryan Masson. Le nouvel édile de Cagnes-sur-Mer qui succède à Louis Nègre a toutefois indiqué vouloir diffuser les données transmises par la Métropole Nice Côte d’Azur.

Le maire a également exprimé des doutes sur les estimations de fréquentation. « Moi je ne suis pas convaincu de l’argument principal sur les 40 000 visiteurs par jour qui devraient utiliser ce tramway », a-t-il affirmé. Pour illustrer ces réserves, Bryan Masson a cité le BHNS d’Antibes reliant Sophia Antipolis, en rappelant un bassin de 15 000 travailleurs. Cette comparaison a nourri sa volonté de vérifier les chiffres avancés pour la T4.

La décision a été confirmée sans ambiguïté. « Une chose est sûre, il n’y aura pas le tramway à Cagnes-sur-Mer, il y aura un bhns », a-t-il assuré. La municipalité a annoncé une requalification des voies principales, un doublement des lignes de bus et la création de navettes interquartiers. Plusieurs secteurs de la commune restaient peu desservis. La nouvelle équipe a souhaité combler ces manques et engager rapidement un chantier global sur les transports.

Un débat politique élargi aux questions de mobilité et de cohésion territoriale

L’abandon de la T4 s’est inscrit dans un contexte politique transformé. L’élection d’Éric Ciotti à Nice et celle de Bryan Masson à Cagnes-sur-Mer ont redéfini les priorités métropolitaines. Durant la campagne, le nouveau maire de Nice avait lié l’avenir de la T4 au résultat de l’élection cagnoise. La victoire de Bryan Masson a levé les dernières incertitudes.

La ligne T5, destinée à desservir l’Ariane, est pour l’heure toujours maintenue dans les priorités de la nouvelle majorité métropolitaine qui prendra ses quartiers cette semaine. Le niveau d’avancement du projet, moins engagé que celui de la T4, a laissé une marge de discussion avec la commune de La Trinité. Les décisions techniques et financières doivent encore être précisées.

Bryan Masson a également ravivé un débat plus large autour des mobilités entre Nice et Cagnes-sur-Mer. Une séquence a particulièrement retenu l’attention. Interrogé sur les inquiétudes exprimées durant la campagne concernant les habitants du quartier des Moulins, le maire a répondu : « pas du tout, mais ce sont souvent les minorités qui agissent mal et on n’est pas encore prêts tant que le quartier des Moulins ne sera pas sécurisé. » Le maire a ensuite évoqué « une guerre sans merci à l’égard des narcotrafiquants. »

Ces propos ont suscité une réaction de l’élue Niçoise Juliette Chesnel-Le Roux. « C’est effectivement la discrimination territoriale qui est défendue par le Rassemblement National de stigmatiser des populations », a-t-elle déclaré. L’élue a rappelé les effets de la ligne 1 du tramway sur les déplacements des habitants des Moulins, notamment l’accès aux études, aux commerces et à la culture.

Bryan Masson a assumé sa position : « je préfère être prudent. Je préfère être pragmatique », a-t-il affirmé. Le maire a ensuite renvoyé Juliette Chesnel-Le Roux à ses responsabilités niçoises : « elle est niçoise et qu’elle s’occupe de Nice et moi je m’efforcerai de m’occuper de Cagnes-sur-Mer. »

Dans ce nouveau paysage politique, la question des mobilités entre Nice et Cagnes-sur-Mer reste centrale. Le choix du BHNS, la requalification des axes et la réorganisation du réseau de bus ouvrent une nouvelle phase. La municipalité a annoncé une mise en œuvre rapide. « Il y a un chantier sur les transports, un chantier sur lequel nous allons travailler dur dans l’intérêt des Cagnois », a conclu Bryan Masson.

L’abandon de la T4 marque ainsi une inflexion majeure dans la politique de mobilité de l’ouest de la métropole. Le réseau Lignes d’Azur devra intégrer cette nouvelle orientation. Le calendrier initial, qui envisageait une mise en service en 2030, n’est plus d’actualité. Une nouvelle stratégie se met en place, centrée sur les bus et la transformation des espaces urbains.

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