Aéroport de Nice : le terminal 2 s’étend officiellement

L’extension du terminal 2 de l’aéroport Nice Côte d’Azur a été inaugurée lundi. Une évolution majeure pour une plateforme arrivée à saturation, mais qui ravive les critiques autour du sur-tourisme et de l’impact environnemental.

L’aéroport Nice Côte d’Azur a présenté lundi l’extension de son terminal 2, en présence du ministre des Transports, Philippe Tabarot, et du prince Albert II de Monaco. Cette inauguration marque l’aboutissement d’un chantier lancé en 2022, destiné à répondre à une fréquentation en progression constante depuis plus d’une décennie. Avec plus de quinze millions de passagers enregistrés en 2025, la plateforme atteignait ses limites opérationnelles.

L’agrandissement porte la capacité théorique de 15 à 18 millions de voyageurs par an. Une évolution jugée nécessaire par les autorités aéroportuaires, qui rappellent que les terminaux avaient dépassé leur seuil de confort dès 2019. Sans adaptation, l’accueil des passagers aurait continué à se dégrader, tant sur le plan de la fluidité que sur celui de la sécurité.

Le nouveau bâtiment représente 23 000 m2 supplémentaires, soit une hausse de près d’un tiers des surfaces existantes. Il intègre trente-six banques d’enregistrement, six salles de pré‑embarquement, un poste de police aux frontières élargi, un espace additionnel pour la livraison des bagages et un salon dédié aux passagers internationaux. Certaines zones fonctionnent depuis le printemps 2025, tandis que l’ensemble doit ouvrir dans les prochains jours.

Le ministre des Transports a salué une infrastructure qui constitue selon lui « une porte, non seulement pour notre magnifique région, mais aussi pour tout notre pays vers l’Europe et vers le monde ». La direction de l’aéroport met en avant un dimensionnement présenté comme raisonnable, aligné sur l’évolution du trafic observée entre 2012 et 2019.

Un chantier sous surveillance environnementale

L’extension du terminal 2 de l’aéroport Nice Côte d’Azur s’inscrit dans un contexte où la question environnementale occupe une place centrale. Le chantier a été encadré par un écologue et un ingénieur environnement, chargés de veiller au respect des engagements pris avant même l’obtention du permis de construire. La proximité de la zone Natura 2000 de l’embouchure du Var a imposé un calendrier précis : les travaux lourds n’ont débuté qu’à l’été 2023 afin de ne pas perturber la période de nidification des oiseaux.

Cette approche ne convainc pas les opposants. Le Collectif citoyen 06 dénonce « plein gaz sur le sur-tourisme à Nice » et estime que l’augmentation de la capacité pourrait permettre jusqu’à trente mille vols supplémentaires par an. Le groupe avait déposé un recours, arguant que l’étude d’impact ne prenait pas suffisamment en compte les effets d’un éventuel accroissement du trafic aérien. Rejetée en appel, la procédure se poursuit devant le Conseil d’État. De son côté l’ex élu d’opposition Jean Christophe Picard dénonce « un projet du monde d’avant. »

La direction de l’aéroport répond que l’évolution du trafic ne dépend pas uniquement du nombre de vols. Elle rappelle qu’en 2023, la hausse du nombre de passagers (+3,2 %) a été plus forte que celle des mouvements d’avions (+1,9 %). L’utilisation d’appareils plus grands et mieux remplis permettrait, selon elle, d’absorber une partie de la croissance sans multiplier les rotations. L’aéroport anticipe même une baisse future des émissions de gaz à effet de serre, liée aux progrès technologiques des aéronefs.

Au-delà des enjeux environnementaux, la plateforme fait face à des défis opérationnels. Le manque d’effectifs parmi les contrôleurs aériens a provoqué l’an dernier des retards fréquents aux heures de pointe. Philippe Tabarot a annoncé le recrutement d’une trentaine de contrôleurs sur deux ans pour la région. La formation longue de ces professionnels laisse toutefois planer des incertitudes à l’approche de la haute saison estivale, malgré une amélioration observée au printemps 2025.

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