Avec l’odeur du pain chaud et des viennoiseries, Christian Estrosi a choisi un décor familier pour parler d’avenir. Ce mercredi 4 février, à 11h15, à la boulangerie Ibanez Barnoin de Saint-Isidore, le maire de Nice et candidat à sa succession est venu défendre un projet qu’il revendique comme profondément ancré dans le quotidien des habitants : proximité, mobilité, sécurité et équipements publics au cœur de son programme pour le quartier.
Quand Christian Estrosi s’exprime, il est entouré de résidents, d‘élus de quartier et de personnalités associatives locales. Il n’est pas fortuit que la boulangerie Ibanez Barnoin soit devenue, le temps d’une matinée, un lieu de discussion politique. «Vous connaissez mon goût pour ces réunions. Je les organise fréquemment. Traditionnellement, je me présente en tant que maire, aujourd’hui cependant en tant que candidat », déclare-t-il d’entrée de jeu, avec un sourire aux lèvres. L’ambiance est définie : ici, pas de discours rigide et préétabli, mais une interaction clairement revendiquée comme directe. « La vie quotidienne implique de partager avec autrui. » « Il faut les écouter pour être certain d’agir correctement », souligne-t-il, plaidant en faveur d’une approche basée sur la pratique de terrain et des rencontres locales «tout le temps, tout le temps, tout le temps ». Autour de lui, les visages acquiescent. Saint-Isidore n’est pas un quartier comme les autres pour le maire sortant. « C’est un endroit que j’ai dans mon cœur, qui représente une identité, une authenticité », confie-t-il, rappelant son attachement ancien à ce territoire de l’ouest niçois.
Christian Estrosi consacre beaucoup de temps à discuter des accomplissements passés, « en se basant sur des chiffres à l’appui » dit-il. « Depuis 2008, on a investi 34 millions d’euros dans le quartier« . Le maire insiste sur une action constante en matière de mobilité, voirie, infrastructures publiques, végétalisation et sécurité. Le tramway demeure l’un des symboles majeurs de cette évolution. « Je me rappelle de ceux qui se sont plaints lorsque nous avons modifié les horaires », dit-il, avant d’appuyer une décision qu’il juge aujourd’hui largement acceptée : un service plus régulier, plus direct vers le centre-ville, conforme à la réalité démographique du quartier. Le parc relais, la requalification des axes routiers, la modernisation des réseaux d’eau et d’assainissement ou encore la création d’espaces verts de proximité sont également mis en avant. « Saint-Isidore n’a jamais été laissé pour compte, bien au contraire », martèle-t-il.
Le candidat prévoit une série de projets structurants pour l’avenir. Parmi les initiatives, il y a la continuation du réseau de géothermie déjà mis en place à Nice Méridia, dans le but de fournir au quartier une indépendance énergétique à moindre coût. « À 30 mètres sous terre, l’eau y est à 15 degrés toute l’année », dit-il, mettant en avant les enjeux écologiques et économiques. La sécurité est également une priorité. Christian Estrosi a déclaré l’acquisition d’un édifice délaissé situé chemin de la Ginestière, dans le but d’y établir un nouveau poste de police municipale. Depuis février, deux agents ont été affectés spécifiquement à ce quartier, en particulier aux alentours des établissements scolaires. En termes d’équipements, le projet est audacieux : un nouveau groupe scolaire, une maison de santé multidisciplinaire, des terrains de pétanque, une salle pour le comité des fêtes, mais également une bibliothèque-médiathèque qui fait défaut jusqu’à présent à Saint-Isidore. Cette structure pourrait être intégrée dans le patrimoine du futur village olympique, qui sera reconverti en logements pour étudiants, en résidence pour personnes âgées et en centre culturel.
Un engagement local incarné avec l’annonce d’Éric Geoffroy
Point culminant de la matinée : l’annonce formelle de l’intégration d‘Éric Geoffroy dans la liste municipale. Natif du quartier, impliqué depuis des années dans l’association et président du comité des festivités, il est considéré comme un acteur clé sur le terrain. « Un acteur essentiel pour l’animation et la cohésion du quartier », souligne Christian Estrosi, suscitant une ovation.

Après la réunion, Christian Estrosi se révèle plus personnel lorsqu’il s’adresse à certains journalistes. Lorsqu’on lui demande son avis sur la situation politique, son rôle de maire, et en particulier sur Éric Ciotti, il écarte toute controverse. « Je dédie ma vie à ma cité. Le rôle du maire consiste à être entièrement présent pour sa communauté. Donc je suis présent dans ma ville chaque jour. » Il cite même une récente anecdote, éloignée des tensions présumées : « Je ne ressens aucune tension individuelle. Assis côte à côte dans l’avion avec monsieur Ciotti, nous avons échangé des salutations. Lorsque l’avion a atterri à Nice, j’ai enfilé ma parka et je lui ai remis la sienne. » Selon lui, l’important est ailleurs : « Le débat municipal consiste à déterminer comment rendre la vie plus plaisante pour les habitants. » Des propos qui prolongent une rencontre consacrée en grande partie aux sujets de proximité et aux projets pour le quartier.
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