« Une vraie salade de cailloux » : le Niçois Sébastien Civetti revient sur son 100k du Nice Côte d’Azur by UTMB 2026

Traileur amateur depuis 2017, le Maralpin Sébastien Civetti s’est attaqué à un immense défi ce week-end lors du Nice Côte d’Azur by UTMB, rallier la Promenade des Anglais depuis Auron. Après 27 heures 10 minutes et 44 secondes, il est venu à bout des 113 kilomètres, et des 5 400 mètres de dénivelé positif. Une expérience aussi magnifique qu’éprouvante.

Au départ d’Auron samedi matin, ils étaient 1 169 coureurs à espérer retrouver la Promenade des Anglais, 113 kilomètres plus loin.

Parmi eux, Sébastien Civetti, 38 ans, originaire de la région niçoise. Plein d’ambitions pour sa première participation à un évènement UTMB, il espérait faire partie de ceux qui viendraient à bout du parcours azuréen.

Mission accomplie, non sans peine, dans une course où 426 coureurs ont abandonné. Il livre son ressenti sur cette course très difficile.

Quel est le sentiment qui prédomine après avoir réussi à finir cette course ?

« Chaque course a sa vérité. Sur ce genre de distance, on a beau avoir tout prévu, on ne sait jamais comment ça va être réellement. Mon premier objectif, c’était de finir. Après, je m’étais aussi fixé un objectif de temps : arriver avant la nuit. Bon, celui-là a complètement volé en éclats assez rapidement, j’ai été dans le dur très vite. Il y avait une modification de parcours qui rallongeait le tracé et qui n’était pas forcément prévue dans mes temps de passage. Mais je suis très content parce qu’au final, le soleil s’est couché et quand la nuit est arrivée, les sensations sont revenues et ça s’est très bien passé. Le matin ça a été de nouveau très dur, j’avais les jambes complètement détruites, mais je suis très content de ma course quand même. » 

Il y a donc eu pas mal de hauts et de bas. Comment garde-t-on la lucidité quand les moments sont un peu plus difficiles, notamment avec le matériel, dans les moments de solitude, ou la nuit ?

« Ce qui est bien avec les courses UTMB, c’est qu’on ne manque de rien, avec le matériel obligatoire on a tout ce qu’il faut. Quand j’avais froid, j’avais mon coupe-vent, dans l’obscurité j’avais ma frontale et même une frontale de secours. Moi j’aime la nuit, l’avantage de la nuit c’est qu’on se focalise un peu plus sur soi, parce que du coup on voit moins. On est un peu plus focus sur la course, sur son allure. On regarde devant nous et, en même temps, on reste concentré. »

Est-ce que vous avez passé beaucoup de temps seul, ou au contraire, est-ce que vous avez pu créer des liens avec certains coureurs ?

« On croise sans arrêt des personnes. On se croise, on se décroise. Ce qui était marrant, c’était qu’à un moment, j’avais une personne derrière moi pendant 7-8 km, donc on a bien discuté de nuit. Je lui ai demandé plusieurs fois s’il voulait me dépasser, mais il ne voulait pas, mon rythme lui convenait. Et comme il était derrière moi de nuit, je ne voyais pas son visage, je ne connaissais pas son prénom. Donc je me suis dit « c’est bien, je discute avec quelqu’un, mais je ne sais absolument pas qui c’est ». Et à la toute fin du parcours il m’a doublé, il m’a interpellé, j’ai reconnu sa voix et j’ai pu enfin découvrir le visage de mon compagnon de route, c’est le genre de trucs marrants. Généralement avec les gens qu’on croise plusieurs fois en course, il y a une sympathie qui s’installe, on échange quelques mots, on s’encourage. »

Sébastien Civetti, médaillé après sa course sur le 100k du Nice Côte d'Azur by UTMB
Photo : DR – Sébastien Civetti

Maintenant que vous êtes finisher d’un 113km, est-ce que ça vous donne envie de vous aligner de nouveau sur des courses aussi longues et aussi difficiles ?

« Alors oui, mais pas tout de suite (rires) ! Je ne dis pas plus jamais, mais pas tout de suite. Pour le coup, quand on dit que c’est un trail technique, il est vraiment technique, il n’y a pas un kilomètre de descente qui se fait facilement, c’est très cassant. »

A quoi ressemble ce parcours ?

« C’est simple, c’était une vraie salade de cailloux. Il y a des cailloux de partout, ils ne sont pas bien rangés, il faut toujours réfléchir. Le point positif c’est qu’il faut toujours rester concentré, à aucun moment tu te dis, je déconnecte le cerveau et je descends tranquille. C’est constamment un travail du cerveau pour trouver la meilleure trajectoire. Il n’y a que dans la première descente où c’était des chemins en terre, c’était moins caillouteux. Après, plus on avance, moins c’est facile. »

Et en termes d’organisation, comment avez-vous trouvé cette course ?

« Très chouette, les bénévoles sont vraiment sympas, l’environnement est top, on se sent vraiment dans un cocon. Le seul petit point négatif, c’est que quand on part dans les derniers, il manque pas mal de produits sur les ravitaillements. Sinon, vraiment, le tracé est magnifique, l’ambiance est parfaite. L’arrivée à Nice je m’en souviendrai, quand les gens voient qu’on a fait 100 kilomètres ils sont à fond derrière nous. J’espère vraiment que ça ne sera pas la dernière édition, c’est une des plus belles courses que j’ai faites, pas simple, mais la traversée du département est fantastique. Ça serait vraiment dommage que ça s’arrête. »

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