Affaire Jean Pormanove : le procès des streamers Naruto et Safine s’est ouvert à Nice

Près d’un an après la mort de Jean Pormanove, les streamers Naruto et Safine comparaissent ce lundi 6 juillet devant le tribunal correctionnel de Nice. Le procès porte sur des faits de violences, d’abus de faiblesse et de diffusion d’images violentes commis lors de directs sur la plateforme Kick. Le décès de Jean Pormanove ne fait pas partie des faits jugés.

Le procès des streamers Naruto et Safine s’est ouvert ce lundi 6 juillet à 13h30 devant le tribunal correctionnel de Nice. Owen Cenazandotti, 27 ans, connu sous le pseudonyme Naruto, et Safine Hamadi, 24 ans, comparaissent pour des violences en réunion, un abus de faiblesse, la diffusion d’images violentes ainsi que des faits de provocation à la haine ou à la violence.

Jean Pormanove, de son vrai nom Raphaël Graven, est décédé en août 2025 après douze jours de direct diffusant des violences et des humiliations. L’autopsie ayant conclu à l’absence d’intervention d’un tiers, le décès ne figure pas parmi les faits examinés par le tribunal.

« La mort de Jean Pormanove n’est pas le sujet de ce procès », rappelle Tom Michel, avocat de Safine Hamadi, dans les colonnes de Libération. L’avocat annonce un plaidoyer fondé sur un mea culpa, son client souhaitant « retrouver sa place dans la société. »

Les deux prévenus étaient présents à l’audience. Plusieurs dizaines de proches ont également assisté aux débats.

Une enquête née après la diffusion de vidéos sur Kick

L’enquête a débuté à la fin de l’année 2024 après des révélations de Mediapart sur des directs réalisés depuis un local situé à Contes, près de Nice, sur la plateforme Kick. Les investigations portent sur des séquences montrant Raphaël Graven insulté, frappé, tiré par les cheveux, menacé ou encore visé par des projectiles de paintball sans protection. La chaîne comptait près de 200 000 abonnés.

Stéphane G., surnommé Coudoux, apparaît également dans plusieurs vidéos. Une autre séquence montre un mineur projeté sur Raphaël Graven lors d’un combat de catch. Les deux personnes figurent parmi les victimes citées dans la procédure.

Placés en garde à vue en janvier 2025, Naruto et Safine avaient expliqué que les violences étaient mises en scène afin d’attirer des spectateurs et de générer des revenus. Les personnes apparaissant dans les vidéos avaient alors tenu le même discours. Les deux streamers avaient été remis en liberté.

Selon le parquet de Nice, les diffusions ont généré d’importantes recettes. Raphaël Graven a perçu près de 140 000 euros entre 2021 et 2025. Owen Cenazandotti a reçu près de 460 000 euros entre 2022 et 2025. Safine Hamadi a touché plus de 200 000 euros entre 2021 et 2025.

Après la mort de Jean Pormanove, des proches des deux streamers ont affirmé que Raphaël Graven vivait « sa meilleure vie » auprès de ceux que l’ancien militaire appelait ses « petits frères. » Un ancien ami a, de son côté, décrit auprès de l’AFP un homme « crédule », estimant que Raphaël Graven se faisait « manipuler. »

Parallèlement à la procédure niçoise, une enquête se poursuit à Paris afin de déterminer le rôle de la plateforme Kick dans la rémunération des streamers et les mesures prises face aux contenus diffusés. Des mandats d’arrêt ont été requis contre les dirigeants de la plateforme australienne afin de permettre leur audition.

Après le bannissement de la chaîne « Lokal » par Kick, Gwen Cenazandotti, frère de Naruto, a relancé des directs depuis le même local sur Twitch. De nouveaux extraits diffusés par Mediapart montrent des échanges d’insultes. Des coups et des rires sont également audibles hors champ. Le parquet de Nice a ouvert une nouvelle enquête. Le matériel informatique a été saisi et le local placé sous scellés.

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