Grand Prix de France au Castellet : Éric Ciotti conteste le financement par la Métropole Nice Côte d’Azur

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Lors du conseil métropolitain de ce lundi 22 juin, Éric Ciotti a présenté les conclusions du rapport de la Chambre régionale des comptes sur les quatre éditions du Grand Prix de France organisées au Castellet entre 2018 et 2022. Le président de la Métropole Nice Côte d’Azur a dénoncé un engagement financier qu’il a jugé dépourvu d’intérêt métropolitain et a refusé que les contribuables locaux supportent les conséquences d’un modèle économique déficitaire.

Le Grand Prix de France de Formule 1 organisé sur le circuit Paul-Ricard du Castellet a laissé un déficit de 35,6 millions d’euros pour les quatre éditions disputées entre 2018 et 2022. Ce montant est apparu dans l’audit réalisé par la Chambre régionale des comptes et présenté le 22 juin en conseil métropolitain.

Éric Ciotti a qualifié ce document de rapport « particulièrement sévère. » Le président de la Métropole Nice Côte d’Azur a contesté le principe même d’une participation financière de la collectivité à un événement organisé à plus de cent kilomètres du territoire métropolitain :« cette affaire est extrêmement grave. Je m’étais souvent permis d’intervenir tout en étant pas membre de la métropole sur l’incohérence et l’inconséquence qu’il me semblait de devoir financer par la métropole Nice Côte d’Azur un Grand Prix qui n’a aucun intérêt métropolitain. »

Le président de la Métropole a également exprimé son étonnement face à la validation de cette aide publique : « que le contrôle de l’égalité ait en son temps laissé passer une aide, une telle aide qui me paraît contraire à tout principe de bon sens. Où est l’intérêt métropolitain quand un Grand Prix de Formule 1 est réalisé à l’ouest du département du Var, à plus d’une centaine de kilomètres de notre métropole ? Et sans qu’il y ait naturellement la moindre retombée envisageable. »

Un modèle économique fragilisé dès l’origine

Selon les conclusions de la Chambre régionale des comptes, le Groupement d’intérêt public (GIP) chargé de l’organisation du Grand Prix de France s’est retrouvé dans une position défavorable dès la relance de l’épreuve au Castellet.

Le détenteur des droits commerciaux de la Formule 1, Formula One Management (FOM), a perçu l’essentiel des recettes générées par l’événement. Les droits de retransmission, la publicité mondiale et la commercialisation de 5 000 accès aux paddocks lui sont revenus. Le groupe a également exigé le versement d’une redevance pour l’installation des buvettes sur le site.

Dans le même temps, le GIP a dû supporter des charges importantes, notamment pour la mise à disposition annuelle du circuit Paul-Ricard. Entre 2018 et 2022, Formula One Management a perçu près de 76,5 millions d’euros de redevances.

La fréquentation a pourtant atteint 65 132 billets vendus dès 2018. Ces recettes sont toutefois restées insuffisantes pour équilibrer les comptes. La crise sanitaire a ensuite réduit les revenus de billetterie, tombés à 3,6 millions d’euros en 2021.

La Chambre régionale des comptes a également relevé des dysfonctionnements dans la présentation des comptes aux administrateurs du GIP. Les magistrats ont estimé que les budgets avaient été présentés de manière peu lisible et ont observé une tendance à limiter artificiellement les déficits prévisionnels. Les charges auraient été régulièrement sous-estimées tandis que les recettes attendues auraient été surestimées.

L’opposition a rappelé ses alertes

Au cours des débats, Juliette Chesnel-Le Roux a rappelé que le groupe écologiste avait dénoncé pendant plusieurs années les dérives financières du Grand Prix de France. La conseillère métropolitaine d’opposition a qualifié ce financement d’« absurdité » et a souligné que plusieurs alertes avaient été adressées au procureur de la République.

Alors qu’une enquête pénale était en cours, la Chambre régionale des comptes a pointé plusieurs irrégularités, notamment dans la passation d’une dizaine de marchés. Pour l’élue écologiste, les conclusions du rapport ont confirmé les inquiétudes exprimées depuis le lancement du projet.

Éric Ciotti a indiqué que la Métropole Nice Côte d’Azur devait encore verser 1,2 million d’euros pour solder ce dossier. Le président de la collectivité a affirmé son opposition à toute prise en charge supplémentaire par les contribuables métropolitains. « Je veux dire que nous contesterons avec la plus grande détermination. Le principe selon lequel les habitants de notre métropole devraient être appelés à combler sans discussion les conséquences financières d’une inconséquence, d’un modèle dont la chambre régionale des comptes démontre aujourd’hui les faiblesses structurelles, les défaillances de gouvernement et peut-être, puisqu’une procédure judiciaire est ouverte, des fautes d’une autre nature. Je refuse que les contribuables métropolitains deviennent la variable d’ajustement. »

Reste à savoir qui réglera la note…

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